Moins de ministères, plus d’efficacité

Liberté, 7 juillet 2021

Le  foisonnement  de  départements  ministériels,  comme  ce  fut  le cas dans les précédents gouvernements, a souvent entravé l’action de l’État en  créant  des  rigidités,  un  manque  de  coordination  et  parfois  des décisions contradictoires. Le nouvel Exécutif  gagnerait  à se constituer autour  de   superministères  aux  compétences  interdépendantes  pour plus de cohérence et d’efficacité.

Il   aura   beaucoup  été  question   de   cohésion   dans   les   précédents gouvernements, à la fois dans l’action et la gouvernance des portefeuilles économiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, la gestion des grands dossiers de la crise manquait d’efficience jusqu’ici.

Les précédent Exécutifs ont été marqués par une inflation de ministères et ministères délégués à tel point que la décision était souvent éparpillée entre plusieurs départements dont  les  prérogatives  se  chevauchaient  et les responsabilités s’entremêlaient de manière assez flagrante, alors que la feuille de route censée suggérer une solution globale à la crise se fait attendre.

Depuis le choc pétrolier de 2014, qui a remis au goût du jour les fragilités structurelles et de la faible résilience de l’économie nationale, les gouvernements y allaient à la manière des pointillistes, par petites mesurettes sous forme de palliatifs, sans une politique de réponse globale et minutieusement réfléchie, pariant sans cesse sur une éphémère remontée des cours du brut sur le marché mondial.

Si l’économie s’est montrée plutôt peu  résiliente aux chocs externes, c’est bien parce qu’une politique cohérente et structurée faisait défaut tout au long de ces années ayant suivi la chute des prix amorcée dès l’été 2014.

Les politiques ont réagi trop tard, de manière désunie, autrement à coups de quelques mesures essentiellement monétaires, dont la dépréciation du dinar, le refinancement monétaire et  la  planche  à  billets, alimentant à  coups de centaines de milliards de dinars une pléthore d’institutions financières et non financières sans que l’espoir de sortie de crise soit réalisé.

Les difficultés et les contradictions étaient diffuses à l’intérieur des précédents gouvernements, quand bien même les  défis  auxquels ils  étaient  confrontés seraient clairs et sans la moindre ambiguïté.

Alors  que  les  consultations  autour  de  la  formation  d’un  nouveau gouvernement se poursuivent, les erreurs du passé doivent être prises au sérieux, de sorte à éviter les ramifications au sein du prochain Exécutif, afin que la décision notamment économique – puisque les enjeux sont essentiellement économiques – ne soit pas éparpillée à l’avenir et l’action plus cohérente  que ce qu’elle a été jusqu’ici.

Une pléthore de ministères  compliquerait  la  gestion  et  l’efficience des politiques publiques économiques et sociales. Le précédent gouvernement a surpris plus d’un quant au nombre des portefeuilles, mais aussi sur l’action de certains ministères qui manquaient cruellement de consistance et d’envergure.

Les  préparatifs  en  vue  de  nommer  un  nouvel  Exécutif donnent une réelle opportunité au chef de l’État et au Premier ministre de mettre en place une véritable force d’exécution, capables de relever les grands défis qui s’offrent au pays.

Les  analystes  plaident  pour  la  fusion  des  ministères  plutôt  qu’un émiettement des prérogatives et des responsabilités qui ne ferait que rajouter une couche à une crise endémique en attente de mesures et d’actions d’envergure et de rupture.   
 

Ali TITOUCHE