Aymen Benabderrahmane succède à Djerad : Un technocrate à la tête du gouvernement

Abdelghani Aichoun, El Watan, 01 juillet 2021

Le nouveau Premier ministre, Aymen Benabderrahmane, a mis en avant, lors de sa première déclaration publique, sa détermination à mettre en œuvre le programme du président de la République. Le président Tebboune a chargé hier le nouveau Premier ministre de poursuivre les consultations avec les partis politiques et la société civile pour la formation du gouvernement dans les meilleurs délais.

L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie aura ainsi comme première mission d’aller à la rencontre des chefs de parti politique et d’organisation de la société civile en vue de la constitution de «son» gouvernement.

C’est le désormais ex-ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, qui a été nommé Premier ministre. L’annonce a été faite hier par la présidence de la République, qui a indiqué que celui-ci a été chargé de «poursuivre les consultations avec les partis politiques et la société civile pour la formation du gouvernement dans les meilleurs délais». C’est donc un technocrate, non affilié à un parti politique, ayant fait sa carrière dans le secteur financier qui a remplacé Abdelaziz Djerad.

L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie aura ainsi comme première mission d’aller à la rencontre des chefs de parti politique et d’organisation de la société civile en vue de la constitution de «son» gouvernement. Des consultations entamées par le chef de l’Etat le samedi 26 juin, qui en l’espace de trois jours, a reçu cinq chefs de parti politique et des représentants des «indépendants».

Le choix de Aymen Benabderrahmane est-il le résultat de ces discussions ? Le profil a-t-il été évoqué avec le personnel politique consulté ? Les «invités» de Tebboune n’ont rien laissé paraître allant dans ce sens.

Dans le communiqué annonçant cette nomination, la Présidence a utilisé le vocable de «Premier ministre» et non «chef de gouvernement». Un «Premier ministre» qui se chargera de l’exécution du «programme du Président». Ce qui sous-entend qu’il existe à la nouvelle APN une majorité présidentielle. Bien entendu, il ne faisait aucun doute que le président de la République obtienne cette majorité.

En plus des partis politiques qui soutiennent habituellement les pouvoirs successifs, beaucoup d’«indépendants» ont commencé à exprimer leur soutien au «programme du Président».

Seul le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a décidé de ne pas prendre part à ce futur gouvernement, ceci parce que, comme expliqué hier par son chef, Abderrazak Makri, ce qui a été proposé à cette formation politique, en termes de nombre et de nature de ministères donc, était en deçà de ses attentes. Il est fort à parier donc que le nouveau Premier ministre va puiser, en partie, la composante de son équipe chez les autres partis qui sont arrivés en tête des législatives du 12 juin, en l’occurrence le FLN, le RND, El Bina, El Moustakbel ainsi que les indépendants.

Quelle marge de manœuvre aura Aymen Benabderrahmane dans un contexte particulier, marqué particulièrement par une défiance populaire sans précédant lors des deux dernières élections, le référendum sur la Constitution et les législatives, et alors que les problèmes, sur le plan socioéconomique, s’accumule ?

Ayant fait l’ensemble de sa carrière dans le secteur financier, celui-ci a connu, ces deux dernières années, une ascension fulgurante. Nommé dans un premier temps à la tête de la Banque d’Algérie, par le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, en novembre 2019, Benabderrahmane a été «promu» ministre des Finances moins d’une année plus tard (le 23 juin 2020).

Et une année après, il devient Premier ministre. Celui-ci fera donc face à des défis des plus complexes. Mais avant toute chose, il sera attendu, dans les jours à venir, sur la composition de son Exécutif qui découlera des «consultations» qu’il poursuivra avec «les partis politiques et la société civile».