Nouvelles charges contre Zoukh et Reguieg

Les deux ex-responsables inculpés d’«enrichissement illicite»

Salima Tlemcani, El Watan, 23 juin 2021

Mokhtar Reguieg, ancien diplomate et directeur du protocole du Président déchu, et l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, ont fait l’objet d’une nouvelle inculpation. Après leur audition par le magistrat instructeur près le pôle pénal financier, dans le cadre de l’affaire du financement de la campagne électorale du Président déchu pour un 5e mandat, ils ont été inculpés d’«enrichissement illicite».

L’ancien diplomate et directeur du protocole du Président déchu, Mokhtar Reguieg, et l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, ont fait l’objet, lundi, d’une nouvelle inculpation. Après leur audition par le magistrat instructeur près le pôle pénal financier, dans le cadre de l’affaire du financement de la campagne électorale du Président déchu pour un 5e mandat, ils ont été inculpés d’«enrichissement illicite».

Nouveau rebondissement dans l’affaire en instruction au niveau du pôle pénal financier près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, et liée au financement de la campagne électorale du Président déchu pour un 5e mandat (avorté). Les deux anciens hauts fonctionnaires de l’Etat, l’ex-wali d’Alger Abdelkader Zoukh et l’ex-directeur du protocole de Abdelaziz Bouteflika et son homme de confiance Mokhtar Reguieg, ont été inculpé d’«enrichissement illicite».

Le premier purge depuis près de 6 mois une condamnation de 4 ans de prison assortie d’un mandat de dépôt à l’audience, pour avoir octroyé d’«indus privilèges» à l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout.

Le second est en détention provisoire depuis 16 mois, dans le cadre d’une affaire de corruption ayant éclaboussé le minotier Hocine Metidji (en prison), PDG du groupe éponyme, spécialisé dans les produits céréaliers et les semouleries et ex-vice-président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et dont le nom a été cité par Ali Haddad, lors de son procès, comme étant un des financiers de la campagne électorale pour le 5e mandat du Président déchu, avant qu’il ne soit placé en détention avec des membres de sa famille, l’ancien PDG de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et de nombreux autres fonctionnaires de l’Etat pour «fuite de capitaux vers l’étranger», «blanchiment d’argent», «financement illicite de la campagne électorale», «complicité de dilapidation de deniers publics», «trafic d’influence sur des agents publics dans le but d’obtenir d’indus avantages» et «violation de la réglementation des marchés publics».

Considéré comme étant un des plus proches collaborateurs de l’ex-Président et de son frère conseiller, Mokhtar Reguieg, ancien diplomate, avait été rappelé de son poste d’ambassadeur à Rome pour diriger le service du protocole à la Présidence durant près de 15 ans.

Lui et Abdelkader Zoukh ont été entendus, durant des heures, par le juge d’instruction sur l’origine d’une longue liste de leurs biens (immobiliers, fonciers, monétaires et voitures de luxe) en Algérie et à l’étranger, avant d’être inculpés pour «enrichissement illicite».

C’est la première fois qu’une telle inculpation est dirigée contre des fonctionnaires de l’Etat, notamment depuis la création du pôle pénal financier, auquel sont confiées les affaires de corruption, de détournement et de transfert illicite de fonds, au centre desquelles se trouvent les hauts cadres de l’Etat et les membres du gouvernement, qui bénéficiaient avant du privilège de juridiction et relevaient, de ce fait, de la Cour suprême.

Depuis 2018, cette inculpation a été dirigée contre de nombreux officiers supérieurs de l’Anp, et les premiers qui ont ouvert cette liste, fin août 2018, étaient les cinq généraux-majors : Menad Nouba, commandant de la Gendarmerie nationale, Abderrazak Cherif, chef de la 4e Région militaire, Habib Chentouf, chef de la 1re Région militaire, Saïd Bey, chef de la 2e Région militaire, et Boudjemâa Boudouaer, directeur des finances au ministère de la Défense.

A l’exception de Chentouf, en fuite à l’étranger, les quatre autres ont été condamnés à de lourdes peines de réclusion criminelle pour «abus de fonction», «enrichissement illicite» et «non-respect des consignes militaires».

De nombreux autres ont été inculpés pour les mêmes griefs et ont écopé des mêmes sanctions. Faudra-t-il s’attendre à des poursuites contre les hauts dirigeants qui se sont érigé des fortunes durant l’exercice de leur fonction, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger ?