Nouvelle vague de condamnation de hirakistes

Le cap de la répression maintenu au lendemain des législatives

Liberté, 14 juin 2021

Les condamnations à la prison continuent de pleuvoir sur les manifestants du Hirak à travers plusieurs villes du pays, au lendemain des élections législatives marquées par des incidents en Kayblie, à Bouira plus précisément où plusieurs personnes ont été placées en garde à vue, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

La plus lourde peine a été prononcée à l’encontre de Hamouda Tayyib, condamné hier à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Chlef pour “outrage à corps constitué”, “incitation à attroupement non armé” et “publications pouvant porter atteinte à l’intérêt national”.

Il a été arrêté vendredi 14 mai à sa sortie de la mosquée, rappelle le CNLD. A El Taref, Sidali Boumahmi a été condamné hier à un an de prison ferme assorti d’une amende. Jugé en comparution immédiate, cet étudiant a été arrêté le 3 juin dernier à son domicile au milieu de la nuit pour “outrage à corps constitué”, “publication de fausses informations” et “atteinte à la personne du président de la République”, selon la même source, alors que deux autres militants du Hirak de cette wilaya, Salah Zerfa et son frère, sont toujours en garde à vue, après leur arrestation le 6 juin.

Leurs voisins, Aïssa Filali et Mohamed Faouzi Ounissi, ont été arrêtés le 7 juin. Plusieurs autres militants ont été arrêtés à Annaba, dont Mohamed Tebainia (placé en garde à vue) et son épouse Samia qui a été relâchée, alors qu’à Sétif, Farid Elbar a été interpellé chez lui à El Eulma et transféré vers El Taref, où il sera présenté devant la justice dans les prochaines heures.

Jugée en comparution immédiate, Ryma Zaidi a été condamnée hier par le tribunal de Sidi Bel-Abbès à un mois de prison avec sursis. “Elle a été arrêtée ce samedi 12 juin au moment où elle faisait une vidéo live pour rejeter les élections législatives”, a rapporté le CNLD.

A Tiaret, le journaliste Abdelkader Berdiha a été placé hier sous contrôle judiciaire pour “publication de fausses informations” et “perturbation des élections”. Interpellé vendredi à El Harrach, Amine Aksa a été placé hier sous mandat de dépôt et son procès a été renvoyé au 20 juin prochain, après sa comparution immédiate devant le juge du tribunal d’Hussein-Dey à Alger.

Lyès MENACER