Béjaïa : Le président du RAJ entendu hier par la police

Nouredine Douici, El Watan, 31 mai 2021

Abdelouahab Fersaoui, président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), a été entendu, hier, par la police judiciaire relevant du commissariat central de Béjaïa. Rencontré près du siège de la sûreté de wilaya, A. Fersaoui venait de répondre à un questionnaire portant sur ses activités associatives à l’étranger et ses liens avec des «contacts» sur les réseaux sociaux.

La police a remonté les événements jusqu’à la participation du représentant du RAJ à des rencontres à l’étranger, notamment «mes déplacements en dehors du pays dans le cadre des activités de l’association avec ses partenaires maghrébins, où on a travaillé sur des questions comme le phénomène de la migration et l’intégration maghrébine, alors que d’autres questions ont porté sur des personnes qui sont dans ma liste d’amis de Facebook et mes liens avec elles». La remise de la convocation à ce militant politique, mercredi dernier, coïncide avec l’introduction d’une lettre par le ministère de l’Intérieur qui «sollicite la dissolution du RAJ».

Pour Fersaoui, «je ne peux pas affirmer ou infirmer si l’action du ministère de l’Intérieur a un lien avec cette convocation de la police, mais tout ce que je sais, c’est que notre association est ciblée pour son engagement dans le hirak».

Il est utile de rappeler que les membres de l’organisation font l’objet d’intimidations de la part des services de sécurité. Onze adhérents ont été poursuivis en justice pendant que 9 autres ont été incarcérés ou mis sous contrôle judiciaire. Invité à réagir sur sa récente initiative à travers laquelle il proposait une rencontre des hirakistes à Kherrata à l’occasion du 8 mai dernier, et qui n’a pas eu lieu, notre interlocuteur nous dira qu’il y a plusieurs facteurs empêchant la tenue d’une rencontre entre Algériens. «Le pouvoir a tout fermé et a tout fait pour empêcher que des Algériens discutent entre eux et fassent l’effort pour rapprocher les visions», dit-il, faisant remarquer que ces derniers temps, «le régime a opté pour la gestion sécuritaire du hirak en durcissant la répression : marches interdites, les partis politiques et les associations sont menacés de dissolution, mandat de dépôt pour une banale publication sur les réseaux sociaux, les militants politiques et d’autres acteurs sont harcelés par la justice…».