Grandiose marche hier à Tizi Ouzou : Les manifestants en terrain conquis

Liberté, 22 mai 2021

Contrairement à la manifestation de vendredi dernier, marquée par un répression et plusieurs arrestations de manifestants, la marche du 118e vendredi s’est déroulée, hier, en terrain conquis à Tizi Ouzou où les services de sécurité n’ont fait montre d’aucune velléité de l’empêchert.

Si le 14 mai dernier, l’habituel itinéraire de la marche a été totalement quadrillé par un dispositif de forces de l’ordre qui n’a pas lésiné sur la répression et les arrestations pour tenter d’empêcher la marche, hier, il n’y avait pas l’ombre d’un seul policier dans tout le centre-ville de Tizi Ouzou, avant ou pendant la marche.

Pour les manifestants, le plus important était encore une fois de réussir cette nouvelle démonstration de force. Et ce fut le cas puisque, en dépit de la chaleur, une grandiose foule s’était rassemblée devant l’esplanade du 1er-Novembre avant 13h.

Une demi-heure plus tard, alors que chants et slogans sont entonnés sur place, voilà que le groupe de manifestants qui a pour habitude d’arriver du centre ville la rejoint pour former, ainsi, une marée humaine encore plus imposante que celle de la semaine précédente.

Les carrés ont commencé alors à se former et la marche s’est ébranlée.
Les manifestants scandaient des slogans hostiles à la tenue des élections législatives du 12 juin prochain.

“Ulac l’vot ulac”, “Di Tizi ulac l’vot”, reprenait-on dans tous les carrés au-devant desquels on pouvait apercevoir des banderoles et pancartes sur lesquelles on pouvait lire entre autres : “M. le Président, ce n’est pas avec une élection qu’on réglera la crise du pays mais en accédant aux revendications du peuple”, “8 800 milliards pour une élection qui ne fera qu’accentuer la crise de système”, etc.

En outre, les manifestants ont dénoncé le recours excessif à la répression et aux arrestations. “La colère d’un peuple s’écoute, elle ne se réprime pas”, L’exigence de libération des détenus d’opinion et de manifestants arbitrairement emprisonnés revenait également dans la plupart des carrés de la marche où on brandissait des portraits de nombreux détenus dont Lounès Hamzi et le journaliste Rabah Karèche. La marche s’est achevée sans le moindre incident ou la moindre interpellation.

Samir LESLOUS


118e manifestation DU HIRAK à Béjaïa : Grande mobilisation populaire

La population de la wilaya de Béjaïa a bravé, hier, l’interdit en tenant sa 118e marche hebdomadaire du Hirak, grâce à une impressionnante mobilisation populaire.

Le dispositif sécuritaire déployé à Aamriw, en face de la maison de la culture Taos-Amrouche, au quartier Seghir ou encore au rond-point du Printemps noir (cité CNS) et autres, laissait présager l’empêchement de la marche. Mais c’était compter sans la détermination des hirakistes et avant 13h, le dispositif sécuritaire déployé a été levé.

Ainsi, la 118e marche a eu lieu, et a drainé des milliers de manifestants. Elle s’est ébranlée de l’esplanade de la maison de la culture Taos-Amrouche vers le centre-ville. Sous une chaleur suffocante, les milliers de manifestants ont entamé leur marche. “Makanche lvot mâa el-issaba” (pas d’élection avec la bande), “Dawla madania machi âaskaria” (État civil et non militaire), sont, entre autres, slogans scandés par les manifestants qui brandissaient le drapeau national et l’emblème amazigh.

À l’arrivée du premier carré de manifestants à hauteur du rond-point du Printemps noir (cité CNS), les marcheurs ont repéré les panneaux d’affichage pour la campagne électorale des législatives du 12 juin prochain. Ils se sont déchaînés contre le site d’affichage pour arracher les panneaux.

La marche a repris son cours normal tout le long de la rue de la Liberté avant d’arpenter le boulevard Amirouche en passant par le port et la route de la gare pour prendre fin au niveau d’El-Qods comme toujours.

Il faut dire que l’organisation de cette 118e marche du Hirak a été impeccable et les jeunes étaient encadrés par des adultes qui veillaient au grain.

L. OUBIRA