Palestine occupée: Grève générale et de nouvelles victimes

R.N., Le Quotidien d’Oran, 19 mai 2021

Les Palestiniens des territoires colonisés par l’entité sioniste depuis 1948 ont décrété hier une grève générale pour marquer leur participation au combat que mènent leurs compatriotes pour l’indépendance de leur pays.

Hier, c’est la Palestine historique qui s’est révoltée contre l’occupant israélien en paralysant par une grève générale les activités et services gérés par les Arabes dans Israël. Ce sont ainsi tous les habitants arabes qui vivent dans les villes et villages qu’Israël occupe illégalement depuis 1948, depuis la première nakba dont la 73ème année a été commémorée le 15 mai dernier dans tous les territoires occupés, en Cisjordanie et à Ghaza, dans la douleur, le sang et les destructions, qui se sont joints à la révolte qui marquait hier son 9ème jour. Depuis lundi 10 mai, les Palestiniens sont ciblés par tous les moyens de destruction sortis par les Israéliens pour étouffer leur résistance. Les premières étincelles de la révolte ont été déclenchées depuis les lieux saints d’El Qods où durant Ramadhan Israël a déployé toutes ses forces colonisatrices, armée, colons, extrémistes pour pénétrer la mosquée d’El Aqsa et en faire sortir les musulmans par la force des armes. Le lendemain, l’entité sioniste décide d’accaparer le quartier de Cheikh Jarrah jouxtant la ville d’El Qods en expulsant manu militari ses habitants alors qu’ils en sont historiquement propriétaires de ses terres. Tous les territoires palestiniens occupés s’enflamment. Ghaza subit depuis cette date des attaques terrestres, aériennes et maritimes. Selon le ministère palestinien de la Santé, elle enterrait hier son 212ème chahid parmi eux 61 enfants et 36 femmes. Elle enregistrait aussi son 1400ème blessé. Ministère dont le siège a été bombardé hier par l’aviation israélienne faisant deux morts et de nombreux blessés. Depuis 9 jours, Ghaza n’a pas fini de compter ses morts. Les bombardements israéliens de la ville n’ont pas cessé. Les destructions de ses infrastructures se comptent par milliers. De nombreux martyrs sont encore sous les décombres.

Révoltes dans la Palestine historique

2021 ne sera cependant pas l’année d’une 3ème nakba mais celle d’une résistance farouche des Palestiniens contre les sionistes dans ce qu’ils appellent «la guerre des habitations». Selon plusieurs sources politiques et médiatiques, c’est la première fois que les Arabes israéliens, les Arabes habitant la Palestine historique (Haïfa, Yafa, Akka, Naplouse, Jenine…), appelée depuis 1948 Israël, participent ouvertement à la résistance et ce, en défiant l’occupant de les expulser de leurs habitations. La grève qu’ils ont observée hier a poussé les autorités israéliennes à (re)déployer leur armée à travers la Palestine historique, comme en 1948. «C’est une deuxième colonisation qu’Israël décrète pour étouffer la révolte des Arabes israéliens », disait hier à un média palestinien un membre du bureau politique du mouvement palestinien « Abnaa El Balad (les enfants de la patrie) », lui-même arabe israélien. Il soutient que les Arabes israéliens sont tous mobilisés pour défendre leur terre, leurs biens et leurs droits en observant «un engagement de fer». Il fait savoir que «les Arabes de la Palestine historique refusent désormais d’être des citoyens israéliens, nous sommes Palestiniens à part entière, résistants, combattants contre l’occupant sioniste». Il note au passage qu’«en Israël, les Arabes israéliens sont plus nombreux que les Israéliens eux-mêmes, ils sont déjà une force de par leur nombre».

Le veto du soutien américain à Israël

En fin de journée, à la fin de la grève observée durant de longues heures, sous le slogan «Grèves et affrontements, du fleuve jusqu’à la mer », les Arabes israéliens ont organisé des marches à partir de toutes les villes et villages en direction de tous les points de contrôle dressés par l’armée israélienne. Ils affirmaient vouloir par ces marches «affronter le colonisateur». Les animateurs de leur mouvement soutiennent que «les Arabes israéliens sont considérés par l’entité sioniste plus dangereux que les roquettes de Ghaza». L’on rappelle qu’ils ont mis tous les moyens nécessaires pour déclencher et alimenter les deux premières grandes Intifadhate des Palestiniens. Face à la force de feu de l’occupant, Hamas continue lui de résister en lançant des roquettes sur Tel-Aviv et les quartiers environnants.

Bombardements, tueries, expulsions, lynchage, destructions, l’entité sioniste continue son massacre du peuple palestinien sous un silence assourdissant et complice de la communauté internationale et de l’ONU. Le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunira demain jeudi, pour la 4ème fois depuis la guerre israélienne contre le peuple palestinien. Ce sera probablement la 4ème fois depuis le 15 mai dernier que les Etats-Unis brandiront leur veto pour rejeter l’idée d’une déclaration proposée entre autres par la Chine, la Tunisie et la Malaisie, condamnant le génocide des Palestiniens par Israël. La raison évoquée par les responsables américains «les deux parties, Palestiniens et Israéliens, n’ont pas besoin de déclaration mais il faut les convaincre d’arrêter les hostilités, nous avons pris des contacts à cet effet». Le pas de la confusion entre la victime et le bourreau est ainsi et comme toujours allégrement franchi.