Urgent : La répression du Hirak provoque l’union sacrée dans une déclaration alerte

Maghreb Emergent, 1er mai 2021

Le gouvernement tenu pour « responsable » du traitement brutal des algériens et de ses conséquences « funestes » dans un texte signée par prés de 300 personnalités, citoyens et organisations.

Une déclaration signée par des organisations et prés de trois cents citoyens , politiques, activistes du Hirak, avocats, journalistes, médecins, et acteurs culturels et associatifs appelle les autorités algériennes à stopper « la guerre déclarée contre le peuple algérien ». La déclaration courte et incisive appelle également à libérer les détenus, cesser les poursuites et rétablir les libertés constitutionnelles garanties également par les conventions et traités internationaux signés par l’Algérie.  Elle « prend à témoin l’opinion nationale et internationale » sur les conséquences « funestes » que pourraient engendrer l’escalade dans la répression engagée ce mois d’avril. Elle prévient du risque de glissement dramatique en affirmant que la criminalisation du Hirak risque de conduire sur une pente vers les crimes d’Etat. Les signataires combinent acteurs publics de toutes sensibilités connus pour leur engagement dans le mouvement populaire et  des citoyens à la notoriété reconnue dans leurs métiers en Algérie et dans la diaspora.  La déclaration du 1er mai, co-signée par des partis et des collectifs également, est née dans l’urgence. Des personnalités politiques, des acteurs des droits de l’homme et des figures du Hirak ont convenu au soir de la veillée du 3e jour à la mémoire de Me Ali Yahia Abdenour mercredi dernier, de réagir de manière concertée et rapide à l’offensive de la répression engagée ce mois d’avril par les autorités algériennes. Le recours aux interpellations et aux violences policières s’est poursuivi au 115e vendredi du Hirak, notamment à Alger ou la police a brutalement chargé des manifestants pacifiques pendant qu’ils se dispersaient à la fin de la manifestation. La large union rapidement réalisée autour de ce texte laisse augurée un enchainement samedi prochain lors de la marche du 08 mai à Kherrata ou les acteurs fidèles au Hirak sont interpellés pour entamer un processus de convergence politique autour d’un pacte et d’une feuille de route politique.

Ci-dessous le contenu de la déclaration.

*Halte à la guerre déclarée contre le peuple Algérien*

Les Algériens subissent depuis plusieurs semaines une des pires escalades de la répression contre leurs droits et libertés. Cette offensive sécuritaire et judiciaire pour les empêcher de s’exprimer, de revendiquer, de manifester, de s’organiser, de faire grève, de rendre compte dans les médias et les réseaux sociaux, d’exister en tant que citoyens est entrain de prendre les allures d’une guerre ouverte contre le peuple Algérien.

Elle n’épargne personne, touche toutes les catégories sociales et toutes les régions du pays. Elle invente des illusoires complots terroristes pour justifier le retour aux pratiques les plus détestables de l’arbitraire (enlèvement, perquisition, mise au secret). La torture se banalise à nouveau. Les violences policières se généralisent. Rien ne peut justifier qu’un gouvernement traite avec une telle brutalité les citoyens de son pays.

Ni son impuissance face à la crise économique, ni son entêtement à tenir un agenda électoral rejeté par l’immense majorité du peuple, ni le naufrage de son calendrier vaccinal contre la pandémie. Le refus depuis deux ans d’accéder aux revendications du Hirak populaire pacifique en faveur d’un changement vers la démocratie enfonce le pouvoir de plus en plus dangereusement dans une aventure sécuritaire au très lourd prix.

En criminalisant le Hirak il se met lui même sur la pente glissante des crimes d’Etat. Cette escalade d’avril 2021 piétine un peu plus les engagements pris par les conventions internationales signées par les autorités algériennes et protégeant, tout autant que la constitution du pays, les droits qui sont aujourd’hui attaqués massivement et sans retenue. L’Algérie se met au ban des Nations pour son mépris des droits fondamentaux de l’homme.

Nous citoyens et organisations signataires de cette déclaration appelons à l’arrêt immédiat de cette inacceptable agression contre l’intégrité physique et morale des Algériens. Nous rendons pour responsables les autorités algériennes des conséquences funestes de cette dérive répressive et nous en prenons à témoin les opinions nationale et internationale.

Nous appelons à la libération de tous les détenus politiques, à la cessation des poursuites et au rétablissement de tous les droits et libertés garantis par la constitution et par les conventions internationales signées par l’Algérie. Le recours obsessionnel à la répression n’a pas stoppé depuis deux ans la marche du peuple algérien vers le changement démocratique pacifique. Il ne l’arrêtera pas cette fois non plus.

Listes des premiers signataires organisations

Parti socialiste des Travailleurs (PST)

Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD)

Rassemblement des jeunes pour l’Algérie (RJPA)

Union pour le changement et le progrès (UCP)

Union pour l’Algérie (UPA)

Collectif algérien contre la torture et les conditions carcérales (CACTCCI)

Collectif Initiatives Citoyennes pour le changement (CICC)

Comité de Tizi ouzou pour l’assemblée constituante souveraine

Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (CNUAC)

Dzair 2.0 Ibtycar

Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH)

Manifeste des militants pour les libertés démocratiques (MMLD)

Manbar Al Jazairine Al Ahrar

Nida 22

Rassemblement action jeunesse (RAJ) Rassemblement des étudiants libres d’Oran Union des étudiants algériens libres (UEAL)

Listes des premiers signataires citoyens

Lahouari Addi (universitaire)

Lynda Abbou (journaliste)

Brahim Aidali (syndicaliste licencié)

Kamel Aissat (universitaire syndicaliste)

Louisa Ait Hamadouche (universitaire)

Mokrane Ait Larbi (avocat)

Sanhadja Akrouf (militante associative)

Zoubir Arous (universitaire)

Zoubida Assoul (présidente UCP)

Abdelghani Badi (avocat)

Mohcine Belabbes (président RCD)

Samir Belarbi (journaliste militant)

Farida Belfrague (avocate)

Nadjib Belhimer (journaliste)

Akram Belkaid (journaliste)

Abdellah Benadouda (Radio Corona Internationale)

Madjid Bencheikh (ancien doyen de la faculté de droit Alger)

Abderezzak Bendjoudi (militant politique)

Mustapha Benfodil (journaliste)

Fateh Benhammou (Editeur électronique)

Ali Bensaad, (universitaire)

Malek Bensmain (réalisateur)

Saad Bouakba (journaliste)

Amel Boubekeur (universitaire)

Mostefa Bouchachi (avocat)

Abdelkrim Boudra (consultant)

Hocine Boukella (musicien)

Fodil Boumala (universitaire)

Mouloud Boumghar, universitaire, militant politique

Ali Brahimi (militant politique)

Mehdi Brahimi (ingénieur membre Ibtykar)

Samia Brahmia (musicienne, interprete)

Omar Bribi (ingénieur d’Etat)

Amina Afaf Chaib (cheffe d’entreprise membre Ibtykar)

Kaddour Chouicha (Laddh)

Said Djaafer (journaliste)

Nacer Djabi (universitaire)

Bachir Derrais (producteur réalisateur)

Ahmed Djeddai, (chirurgien, militant de la démocratie)

Khaled Drareni (journaliste)

Nacera Dutour (Sos Disparus)

Bahia Bencheikh El feggoun (réalisatrice)

Ihsane El Kadi (journaliste)

Raouf Farrah (consultant, membre Ibtykar)

Hassan Ferhani (réalisateur)

Abdelouahab Fersaoui (RAJ)

Amina Haddad (productrice)

Nacer Haddad (juriste)

Sofiane Haddadji (citoyen )

Abdellah Heboul (Avocat)

Mohamed Henad (politologue)

Mohamed Iouanoughene, journaliste

Nourredine Khadir (militant hirak)

Amin Khan (poète)

Cherifa Kheddar (militante féministe)

Said Khelil (pharmacien biologiste)

Hicham Khiat (militant politique)

Brahim Laalami (activiste)

Jaffar Lakhdari (consultant, activiste politique)

Smail Lalmas (économiste)

Samir Larabi (militant PST)

Ali Laskri (ex coordinateur de l’instance présidentielle du FFS)

Ouardia Lezzoul (avocate)

Djamila Loukil (journaliste)

Ghani Mahdi (journaliste militant)

Redouane Mansouri (universitaire)

Mohamed Mebtoul (universitaire)

Nordine Melikchi (physicien)

Benyoucef Mellouk (lanceur d’alerte)

Karim Moussaoui (réalisateur)

Slim Othmani (entrepreneur)

Fatma Ouseddik, professeur universitaire

Aissa Rahmoune (avocat)

Mahmoud Rechidi (porte-parole PST)

Abderrahmane Salah (avocat)

Said Salhi (militant LADDH)

Sid Ahmed Semiane (auteur)

Aboubaker Khaled (Journaliste)

Salah Eddine Sidhoum (chirugien)

Ahmed Sidi Moussa (militant Adrar)

Aldja Seghir (universitaire, membre Ibtykar)

Nabila Smain (avocate)

Nesrine Tahari (militante associative)

Lyes Touati (militant associatif)

Liste complète