Education : Mohamed Ouadjaout tente de rassurer

Asma Bersali, El Watan, 02 mai 2021

Au moment où 14 syndicats de l’éducation ont opté pour l’escalade, avec l’annonce de 3 jours de grève durant la 2e semaine du mois de mai, le ministère de l’Education nationale tente de rassurer.

Dans un communiqué sanctionnant la visioconférence organisée avec les directeurs de l’éducation (DE), le ministre du secteur, Mohamed Ouadjaout, revient sur les efforts fournis afin d’améliorer les conditions socioprofessionnelles et pédagogiques des travailleurs et s’engage à prendre en charge les différentes revendications des partenaires sociaux. Comment ?

Le ministre a ainsi instruit les DE d’ouvrir les canaux du dialogue avec les syndicats et régler leurs différentes revendications. Il les a instruit d’accélérer la procédure de paiement des salaires, notamment des nouvelles recrues, les suppléants et les contractuels, les rappels depuis 2015 sont compris. Autre promesse : tous les dossiers liés à ces droits financiers seront réglés durant l’année en cours. La prise en charge des nouveaux diplômés, la promotion du personnel et la clôture du dossier de l’élection des commissions de wilaya et nationale des œuvres sociales figurent également dans la longue liste des engagements du ministre.

Appelant la famille éducative à faire preuve de «responsabilité», Ouadjaout a promis de «redoubler d’effort» pour régler tous les grands dossiers ne relevant pas des prérogatives de son secteur, à savoir le pouvoir d’achat et le droit à la retraite sans condition d’âge, auprès des autorités compétentes.
Le communiqué publié sur la page officielle Facebook du ministère a suscité de vives réactions dans le secteur.

Tandis que certains ont considéré que la tutelle n’est pas sortie de son attitude ordinaire qu’est la formulation de promesses, d’autres sont partis vers la comparaison entre le salaire d’un simple employé de l’éducation et des responsables du secteur. «Il est facile de parler quand on ne vit pas la vie d’un simple fonctionnaire qui n’a pas reçu son salaire depuis plus d’une année ou qui ne trouve pas, dès la moitié du mois, de quoi nourrir ses enfants, sauf prendre des crédits chez l’épicier du coin», souligne une enseignante dans un commentaire.

D’autres, notamment ceux qui ont lancé le mouvement de protestation d’Oran, disent «ne plus croire aucune déclaration ou promesse, notamment que les autorités du pays sortent toujours la carte de la main étrangère et la manipulation pour retirer la légitimité aux mouvements de protestation», lancent-ils, faisant allusion aux dernières déclarations du Premier ministre, Abdelaziz Djerad.

Pour les syndicalistes, leur position reste la même. Qualifiant ces dernières déclarations de fuite en avant, 14 syndicats de l’éducation ont annoncé une grève nationale les 9, 10 et 11 mai, avec des rassemblements devant les directions de l’éducation. Cette escalade rejoint la détermination des enseignants et travailleurs du secteur à poursuivre leur démarche de protestation jusqu’à la prise de «véritables décisions» gouvernementales quant à la satisfaction de toutes les revendications socioprofessionnelles.