Interpellés lors de la marche du vendredi : Présentation aujourd’hui de quatre manifestants

Iddir Nadir, El Watan, 18 avril 2021

Quatre manifestants, placés en garde à vue durant les manifestations du vendredi à Alger, seront présentés aujourd’hui devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

Il s’agit de Nacer Meghnine, président de l’association SOS Bab El Oued ; Bilal Chache dit Bilal Nouni, photographe et youtubeur ; Kamel Derriche et Karim Athmane, précise le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Ce dernier signale qu’une perquisition avait été effectuée dans la soirée par la police au siège de l’association SOS Bab El Oued, en présence de son président.

Interpellé lors des marches, Mahana Abdesselam, enseignant de physique nucléaire à l’USTHB (Alger), est relâché à 23h, «son téléphone portable confisqué et il est convoqué pour être présenté devant le procureur du tribunal», précise le CNLD. Les hirakistes qui descendaient la rue Didouche Mourad avaient tenu un rassemblement devant le commissariat pour exiger la libération des manifestants.

L’enseignant a réagi, hier, dans un post sur la page de la Coordination nationale des universitaires pour le changement (Cnuac) : «La nuit aurait été sûrement plus longue et plus pénible sans votre forte mobilisation.

Des locaux de la police, me parvenait votre voix, celle du hirak. Je tiens à rendre hommage au hirak, à remercier toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés hier pour arracher ma libération. C’est grâce à vous, toutes et tous, et à votre détermination que j’ai été relâché tard dans la nuit. Je reste confiant pour la suite, quant à ma présentation lundi devant le procureur près le tribunal de Sidi M’hamed, autant que la confiance que j’ai pour vous, toutes et tous.»

D’autres manifestants avaient été interpellés durant la journée de vendredi à travers certaines wilayas du pays. «Il y a eu une vingtaine d’interpellations à Alger. A l’exception des quatre qui seront présentés demain (aujourd’hui) et du professeur de l’USTHB, convoqué pour comparaître libre lundi, les autres manifestants ont été relâchés.

Il y a eu, par ailleurs, des arrestations à El Oued et Mostaganem», détaille Zaki Hannache, jeune activiste qui se fait fort de recenser les cas de détention arbitraire liés au hirak. Les 23 manifestants incarcérés à la maison d’arrêt d’El Harrach (Alger) poursuivent toujours leur grève de la faim pour dénoncer leur «arrestation arbitraire» et exiger «qu’ils soient séparés des prisonniers de droit commun».

Leur état de santé s’est «encore dégradé» au onzième jour de la grève. «L’état de santé des grévistes se dégrade. Il n’y a rien de nouveau dans leur dossier. Tous ont décidé de poursuivre leur action, à l’exception de Bachir Agamdaz, diabétique. Il est placé sous perfusion», précise Hannache.