111e vendredi de contestation populaire : La population manifeste nombreuse et dans le calme à Oran

Djamel Benachour, El Watan, 03 avril 2021

Les hirakistes ont manifesté encore une fois hier à Oran en respectant le même rituel, c’est-à-dire un rassemblement suivi d’une marche qui emprunte le boulevard Emir Abdelkader et longe surtout la longue rue Larbi Ben M’hidi pour atteindre l’espace situé à proximité du lycée Lotfi et de la direction de l’éducation.

Les protestataires s’étaient regroupés pendant un temps, on a appris ultérieurement que ces derniers ont poursuivi leur mouvement sur le front de mer.

La marche a donc eu lieu sans incidents et dans le calme. Tout le long de l’itinéraire, la police a d’ailleurs encadré la marche en régulant la circulation aux croisements. Les mêmes slogans ont été scandés ou inscrits sur des banderoles ou des pancartes brandies à l’occasion. Globalement, certains continuent de réclamer l’instauration d’un Etat civil et d’autres dénoncent la répression sous toutes ses formes. «Tamdine el hokm, assas bina’a eddaoula» (le pouvoir civil est la base de la construction de l’Etat), peut-on lire sur une pancarte.

D’autres encore expriment leur détermination à poursuivre le hirak avec des slogans spécifiques, tout en tentant d’expliquer les raisons qui les poussent à sortir dans la rue, et c’est le cas avec cette phrase apposée sur une pancarte : «Nous sommes sortis pour l’indépendance de la justice, pour la liberté de la presse et la séparation des pouvoirs». Des hirakistes revendiquent le droit de s’exprimer sur l’espace public en stipulant que : «El fadha’a el âm melk lichaab» (L’espace public appartient au peuple).

Le processus électoral est une des thématiques abordées par le hirak en posant la problématique de la légitimité. Les chiffres 7 et 8, une référence aux articles de la Constitution qui consacrent que le peuple soit l’inspiration du pouvoir, sont également brandis.

Sinon, comme d’habitude, avec une insistance particulière sur le caractère pacifique du mouvement, des jeunes, des moins jeunes, des femmes et parfois des familles ont pris part au hirak, chacun avec ses aspirations pour un avenir meilleur.