Mouvement citoyen du 22 février: Abdelouahab Fersaoui appelle à une conférence nationale du Hirak

Liberté, 30 mars 2021

Le président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Abdelouahab Fersaoui, a appelé une nouvelle fois, hier, à l’organisation du Hirak et sa structuration, seule voie nécessaire, selon lui, pour sauvegarder la cohésion du mouvement révolutionnaire et permettre l’aboutissement de ses objectifs.

Pour le président du RAJ, il s’agit, concrètement, d’aller vers une “conférence nationale du Hirak”, regroupant “la majorité des acteurs du Hirak, des forces politiques et sociales fidèles au mouvement national citoyen”, a-t-il écrit dans une longue tribune, publiée sur sa page facebook.

Cette organisation, qu’il appelle de ses vœux, permettra, a-t-il soutenu, de “capitaliser les deux ans de mobilisation populaire et pacifique en créant des synergies et des jonctions permettant de donner un nouveau souffle au Hirak et un prolongement politique autour d’une feuille de route consensuelle pour le changement pacifique du régime vers un État de droit, civil, démocratique et social.

Arrivé à maturité, le Hirak, selon le militant, doit “produire aujourd’hui une nouvelle dynamique politique, syndicale, associative, médiatique, intellectuelle, culturelle avec de nouveaux réflexes et pratiques capables d’accompagner l’évolution de notre société”, a-t-il ajouté.

“Le salut réside dans le respect du choix du Hirak et de nous organiser tous ensemble autour de ce mouvement pour sauvegarder son unité, sa force, pour aboutir à son objectif en mettant en avant un véritable processus démocratique pour le changement du régime défini par les préalables et fondements démocratiques et des mécanismes du changement”, a-t-il encore dit.

Dans son texte, le président du RAJ s’est également attardé sur les “tentatives” du pouvoir en place à “déstabiliser” le Hirak et le “casser”, à travers, notamment, la “polarisation”, source de division du mouvement citoyen. “La tentative de la polarisation du Hirak, en réactivant d’anciens paradigmes des années 90, est très dangereuse, car les traumatismes de la décennie noire sont toujours là, les plaies ne sont pas guéries”, a-t-il prévenu.

Pour Abdelouahab Fersaoui, ce n’est pas au Hirak de régler le contentieux de la décennie noire. “Ce n’est pas au Hirak en tant que mouvement populaire, qui a rassemblé tout le peuple dans ses contradictions, de régler le passif lourd et le contentieux de la décennie noire/rouge”, car, a-t-il ajouté, “lui donner cette mission en ces moments historiques, c’est l’exploser de l’intérieur, et d’ailleurs, c’est ce que cherche le pouvoir”.

Selon le président du RAJ, “le débat qui enflamme les réseaux sociaux ne reflète en aucun cas la réalité du terrain, mais cette propagande et surmédiatisation sur les réseaux sociaux et par les médias lourds du pouvoir peuvent impacter et dissuader la majorité de ceux qui font la force du Hirak et qui ne s’inscrivent pas dans cette approche bipolaire”.

 

K. Benamar