Quel impact sur «Sonatrach 2» ?

APRÈS LE VERDICT PRONONCÉ DANS L’AFFAIRE SONATRACH 1

Quel impact sur «Sonatrach 2» ?

Le Soir d’Algérie, 4 février 2016

A moins d’une cassation au niveau de la Cour suprême et, par voie de conséquence, son rejugement par une autre juridiction criminelle, l’affaire Sonatrach 1 est désormais close. Il n’en demeure que la principale question qui se pose est celle relative à l’autre scandale du groupe pétrolier, en l’occurrence l’affaire dite «Sonatrach 2».
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – Le verdict prononcé par le tribunal criminel près la cour d’Alger contre les mis en cause dans l’affaire Sonatrach 1 aura-t-il des conséquences directes sur le scandale de Sonatrach 2 ? La sentence prononcée par la justice algérienne influera-t-elle sur la suite à donner par la justice italienne ? Des questions qui se posent vingt-quatre heures après le verdict prononcé par le juge Reggad.
Il n’en demeure que des sources judiciaires nous ont indiqué que la justice italienne avait suivi d’une manière indirecte, et ce, du début jusqu’à la fin le déroulement du procès qui s’est tenu du 27 décembre au 27 janvier au niveau de la cour d’Alger. Lors de la plaidoirie de la défense, deux visions se croisaient concernant «l’étendue» de cette affaire à l’international. La première approche a été défendue par les avocats des mis en cause.
Miloud Brahimi, avocat de l’ex-P-dg de Sonatrach Mohamed Meziane, s’est indigné de voir «l’image de Sonatrach ternie par une affaire qui devait se limiter et être réglée exclusivement au plan interne de l’entreprise».
Or, pour sa part, l’avocat de la partie civile, représenté en la circonstance par Abdelmadjid Sellini, avait déclaré lors de son passage à la barre que «l’ouverture par le parquet de Milan d’une information judiciaire sur l’affaire de Sonatrach 2 est une conséquence directe du scandale de l’affaire Sonatrach».
D’ailleurs, le même avocat devait se déplacer le 23 janvier dernier à Milan pour être reçu par le parquet relevant de cette juridiction, afin d’annoncer, sa constitution en sa qualité de représentant de Sonatrach.
Il reste à connaître la stratégie de la partie algérienne dans ce nouvel épisode de l’affaire Sonatrach, sachant que dans l’affaire Sonatrach 1, les «débats sont désormais clos» ! Pour rappel, en février 2015, la presse milanaise avait annoncé que le procureur de Milan en charge du dossier, Fabio de Pasquale, a demandé la traduction devant la justice de l’ex-n°1 du groupe énergétique italien ENI, Paolo Scaroni, ainsi que sept autres personnes directement impliquées dans cette affaire de versements de 198 millions de dollars de pots-de-vin contre des contrats pétroliers en Algérie dans laquelle est pleinement impliquée l’entreprise italienne Saipem, filiale d’ENI. Selon les éléments d’un dossier aujourd’hui, dit-on «très dense», le procureur de Milan avait poursuivi l’ex-patron d’ENI, Paolo Scaroni, l’ex-directeur des opérations de Saipem, Pietro Varone (arrêté en 2013), l’ancien président de Saipem Algérie, Tullio Orsi, l’ancien directeur financier de Saipem puis d’ENI, Alessandro Bernini, l’ex-président et ex-P-dg de Saipem, Peter Telle, l’ancien responsable Afrique du Nord d’ENI, Antonio Vella, et bien sûr Farid Bedjaoui, appelé par la presse italienne «le facilitateur». Selon la justice italienne, Farid Bedjaoui est au cœur de cette affaire de corruption internationale et est considéré comme l’intermédiaire de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil et les patrons d’ENI via la Saipem. Dans la liste, il y a également le nom d’un Algérien, Samir Ourayed, en fuite.
A. B.