Arrestation de militants du Hirak: Les enseignants universitaires appellent à l’arrêt de la répression

Liberté, 29 mars 2021

La Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement (Cnuac) a appelé, hier, dans un communiqué, à l’arrêt “immédiat” de la répression contre les étudiants et les manifestants du Hirak.

“Nous, enseignants universitaires, membres de la Cnuac, tenons à exprimer notre colère et faisons appel, pour la énième fois, à l’arrêt de la répression policière et judiciaire qui s’abat sur des manifestants pacifiques”, écrivent les rédacteurs du communiqué, en dénonçant que ces “manœuvres interviennent à l’approche de chaque rendez-vous électoral”.

“Depuis le début du Hirak, et à l’approche de chaque rendez-vous électoral, les mêmes manœuvres vaines tentent désespérément de faire taire la voix du peuple qui aspire à un réel changement et non pas à des rendez-vous manqués, sans lendemain”, lit-on dans le document qui estime, par ailleurs, que ce “procédé” ne servira en rien à “gonfler” les urnes.

“L’autoritarisme électoral a montré ses limites. Pourquoi s’acharner quand l’électorat est désintéressé, sans espoir. La répression ne gonflera pas les urnes. Faut-il croire que c’est un semblant de changement qu’on tient coûte que coûte à maintenir ? S’agit-il de seulement donner l’image à l’opinion publique nationale et internationale, que tout va bien, que le changement est amorcé et non de trouver une issue à la crise que nous traversons ? À l’ère du numérique peut-on cacher que des millions d’Algériens continuent à battre le pavé, réclamant l’avènement d’une Algérie démocratique et sociale ?” s’interrogent les enseignants universitaires de la Cnuac. Tout en réitérant leur entière mobilisation aux côtés des étudiants, les membres de la Coordination universitaire, soutiennent que les “manœuvres de manipulations contre le Hirak”, seront vaines.

“Le mouvement social, depuis le 22 Février 2019, fait montre d’une grande maturité. Les hirakistes ont fait preuve, plus d’une fois, du pacifisme qui les habite et guide leur lutte. Ils ont rendu ainsi inopérantes les manipulations qui veulent porter atteinte à l’unité nationale. Nous sommes mobilisés aux côtés de nos étudiants, de cette jeunesse porteuse d’espoir pour toute la population”, lit-on encore dans le communiqué qui appelle à “libérer tous les détenus du Hirak”.

Pour la Coordination nationale des universitaires algériens pour le changement, les deux années passées devraient suffire à convaincre que ce n’est pas l’usage de la violence et la répression qui feront taire le Hirak, mais bien au contraire.

“Cela ne fera qu’attiser la colère de la population”. “Tarder à libérer les prisonnières et les prisonniers d’opinion, continuer à réprimer les militantes et les militants, les pourchasser, les kidnapper, les emprisonner au mépris des lois, encore et toujours manipuler les foules avec les mêmes recettes ne peuvent qu’attiser la colère de la population, aggravant son divorce avec le système politique. Il sera alors seul responsable des graves dérives qui pourraient avoir lieu”, écrivent les rédacteurs du document qui appellent, en outre, la communauté universitaire à “sortir de sa torpeur et de son mutisme et de prendre ses responsabilités, il en va de son intégrité et de son éthique”.

K. BENAMAR