Énergies renouvelables: Vers un partenariat d’exception avec l’Allemagne

Ahmed Kessi, Le Soir d’Algérie, 27 mars 2021

«Les bouleversements rapides, majeurs et structurels de la scène énergétique mondiale ont mis l’Algérie devant d’importants défis et enjeux, à savoir la diversification de ses sources d’énergie en vue de se libérer, graduellement, de sa dépendance aux hydrocarbures, la garantie de la sécurité énergétique pour les générations futures et le développement d’une économie fondée sur la technologie au service de l’humanité», a indiqué le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, lors de la conférence internationale portant sur la transition énergétique «Berlin Energy Transition Dialogue21 » tenue par visioconférence.
Ahmed Kessi – Alger (Le Soir) – La richesse pétrolière n’est pas éternelle. Le manque de production se fera sentir dans une décennie ou deux au plus tard, d’où la nécessité d’une alternative qui permettra, d’ores et déjà, de plancher sur un plan de transition de manière progressive et résolue.
C’est dans cette optique que le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour, a mis le cap à travers un partenariat avec l’Allemagne qui permettra au pays de devenir pionnier en Afrique en matière d’énergies renouvelables et notamment pour l’hydrogène vert.
«L’Allemagne accompagnera l’Algérie dans la réalisation d’un projet dans le domaine des énergies renouvelables et la mise en place notamment d’un plan ‘’Hydrogène vert’’ qui peut être utilisé à la place du gaz naturel», a indiqué, avant-hier, M. Chitour lors d’une séance plénière au Conseil de la Nation.
«Dans le droit fil de la coopération avec l’Allemagne, l’Algérie envisage, à travers son plan d’envergure, de développer des énergies renouvelables et de générer de l’hydrogène vert qui, graduellement, se substituera au gaz naturel», a précisé le ministre à l’occasion d’une conférence internationale portant sur la transition énergétique «Berlin Energy Transition Dialogue21», tenue par visioconférence, à laquelle il a pris part mercredi dernier.
Le ministre a qualifié l’événement, qui s’est tenu dans la conjoncture particulière du Covid-19, d’«exceptionnel » et la conférence d’excellente tribune, afin de porter la voix de l’Algérie sur des thématiques aussi importantes que celles liées à la transition énergétique et à la neutralité climatique.
«Le rôle de la transition énergétique, dans la prochaine décennie, est prépondérant pour, d’abord, surmonter les conséquences économiques du Covid-19 et pour ce qu’elle offre comme opportunités de changement vers un avenir plus écoresponsable et plus circulaire », a souligné le ministre.
Par ailleurs, M. Chitour a saisi l’occasion de la rencontre pour partager avec les pays participants la vision de l’Algérie en matière de transition énergétique sur le court et le long terme qui, a-t-il dit, s’appuie sur «un triptyque : un nouveau modèle énergétique, un développement d’envergure des énergies renouvelables et la promotion de la sobriété et de l’efficacité énergétiques».
Interrogé sur le fameux projet Desertec, prévu dans le cadre d’un partenariat entre l’Algérie et l’Allemagne et qui a fait couler beaucoup d’encre avant d’être remis aux calendes grecques, le ministre a expliqué que le projet n’a pas vu le jour uniquement et seulement par ce que les banques ont refusé son financement en raison de son coût d’investissement qui dépasse les 450 milliards de dollars.
L’Algérie compte, selon le ministre, produire à partir de 2022, 1 000 mégawatts d’énergie solaire pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, précisant que les appels d’offres relatifs à ce projet seront lancés en juillet prochain.
Enfin, M. Chitour a fait part d’un cahier des charges, élaboré avec le ministère de l’Habitat, qui sera mis en œuvre en 2022, afin que les nouvelles habitations soient écoresponsables.
A. K.