Des intellectuels et acteurs politiques lancent un appel : «Déjouer les provocations contre le combat pacifique des Algériens…»

Nabila Amir, El Watan, 27 mars 2021

Des historiens, des médecins, des sociologues, des enseignants, des journalistes et des militants algériens de l’intérieur du pays et de l’étranger, convaincus de la légitimité du combat du peuple algérien contre «le pouvoir autoritaire», ont signé un appel pour déjouer les provocations et les multiples manipulations.

Intitulée «Appel à déjouer des provocations dangereuses contre le combat pacifique du peuple algérien pour la démocratie», cette initiative est paraphée, pour l’heure, par 142 intellectuels, dont les historiens Mohamed Harbi, Amar Mohand-Amer,  Mohand Arezki Ferrad, les sociologues Fatma Oussedik, Nacer Djabi, Aïssa Kadri et Lahouari Addi, l’ancien doyen de la faculté d’Alger Madjid Benchikh, Ahmed Djeddaï chirurgien et militant politique, Ali Brahimi ancien député, Sadek Hadjerès militant politique et social depuis 1944, Abdelwaheb Fersaoui, président du RAJ, et tant d’autres noms connus pour leur implication dans le mouvement pacifique né le 22 février 2019.

Les signataires interpellent les gouvernants pour mettre fin rapidement à toutes les mesures qui mettent en danger la stabilité du pays et la sécurité des individus et des populations, ils demandent instamment à toutes les forces qui soutiennent les revendications du soulèvement populaire de rester fidèles à l’esprit d’ouverture démocratique, au pluralisme politique, à la diversité culturelle et sociale, qui caractérisent le combat pacifique en cours, et de faire preuve de vigilance pour effectivement isoler les individus qui tentent de semer le trouble et la division lors des manifestations publiques pacifiques.

Ils appellent toutes les forces éprises de paix et de liberté en Algérie et dans le monde à soutenir la lutte pacifique du peuple algérien pour un Etat démocratique. Tout en saluant la solidarité internationale qui se manifeste en soutien à la lutte du peuple algérien pour les droits humains et les libertés démocratiques, les signataires pensent que la reprise des marches populaires pacifiques, après un an de suspension en raison de l’épidémie de coronavirus, semble avoir surpris de nombreux cercles du pouvoir, qui prennent peur et s’adonnent, selon eux, à «des improvisations politiques», «des manœuvres de récupération» et à «des provocations», par lesquelles ils croient pouvoir déstabiliser le hirak et semer la division entre les forces qui le soutiennent, en agitant les spectres de l’islamisme, du séparatisme et de la main étrangère. «Les projets relatifs à la déchéance de la nationalité algérienne, les arrestations arbitraires, le recours impuni à la torture, le tabassage de journalistes attestent de cette irresponsable fuite en avant des autorités algériennes, et l’introduction de groupes de manifestants d’origine inconnue, qui cherchent à susciter des tensions lors des marches populaires, sont autant d’exemples qui illustrent ces politiques aventureuses», soulignent les signataires.

*Consulter l’intégralité de l’appel et la liste des signataires sur www.elwatan.com