Répression du hirak à Tiaret: Même les enfants ne sont pas épargnés

Liberté, 14 mars 2021

À déplorer l’arrestation des deux fillettes âgées de 9 et 4 ans, embarquées en compagnie de leur père.

L’ensemble des activistes arrêtés vendredi, à Tiaret, dans le sillage du 108e acte du mouvement populaire pacifique, dont le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), Fethi Ghares, son épouse Messaouda Cheballah et l’activiste de Mostaganem, Dalila Touat, a été relâché dans la soirée, a-t-on constaté sur les lieux.

Nonobstant ce qu’il y a lieu de retenir de déplorable, c’est l’arrestation des deux fillettes Meriem et Khadidja Dahmani, âgées de 9 et 4 ans, qui ont été embarquées en compagnie de leur père Mohamed, un fidèle du Hirak. À ce sujet, ce dernier nous a déclaré ne rien comprendre aux agissements des policiers qui n’ont pas épargné l’innocence en piétinant la déontologie de sécurité à l’égard des enfants. “Avant de nous relâcher, on nous a présentés, certes, devant un médecin généraliste, mais les filles devaient être consultées par un psychologue car leur arrestation pourrait engendrer des troubles psychiques”, s’est-il lamenté.

Cependant, et heureusement que les deux anges étaient au top de leur mental le lendemain, l’arrestation des deux petites sœurs a polarisé la vox populi et a particulièrement fait réagir, sur les réseaux sociaux, les membres de sa famille et la plupart des citoyens qui ont eu vent de la triste nouvelle. Pour sa part, et parlant de ces arrestations, le coordinateur du MDS, Fethi Ghares, se dit outré par ce qu’il a vécu vendredi à Tiaret.

“Plus ignominieux que scandaleux ce qu’était la ville de Tiaret qui était émaillée d’un pur état de siège où l’on a procédé à des arrestations arbitraires et musclées, alors que ceux qui ont bradé les richesses du pays sont couverts et protégés”, dira-t-il.
“Je dirais que rien ne nous étonne dans la mesure où nous savons pertinemment que nous sommes gouvernés par la 3issaba qui nous recommande aujourd’hui de nous préparer pour des élections sans peuple.

Sinon, comment pouvez-vous concevoir ce qui se passe dans le pays où la voix du peuple est muselée en l’empêchant de s’exprimer et d’exercer son droit constitutionnel de revendiquer ses droits les plus naturels et légitimes”, a-t-il ajouté, non sans montrer son indignation quant à ce qu’a vécu la ville de Ksar Chellala où les citoyens sont poussés au suicide par des affairistes sans foi ni loi.

Le même sentiment d’affliction est perçu chez la plupart des autres activistes arrêtés puis relâchés, à l’image de Khadidja Belkhodja, elle aussi membre du bureau national du MDS, qui avoue avoir assisté à une véritable chasse à l’homme marquée par des interpellations arbitraires.

“Ce n’est pas la première fois que je subis un tel sort, mais même si je n’ai été victime d’aucun dépassement, je suis toujours affligée par ce comportement indigne en étant témoin de ces scènes de courses-poursuites des activistes à telle enseigne que même leurs enfants ne sont pas ménagés, comme c’est le cas de Meriem et de Khadidja”, s’est-elle lamentée.

SALEM REMANE