Il a dit avoir été torturé : l’activiste Sami Dernouni condamné à la prison ferme

TSA, 09 Mars 2021

L’activiste Sami Dernouni a été condamné à une peine de deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Tipaza, annonce ce mardi le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Arrêté le 2 décembre, M. Dernouni a été placé sous mandat de dépôt le 7 décembre dernier. Il est poursuivi pour « incitation à attroupement, atteinte à l’unité nationale, atteinte à la sécurité nationale ».

Le parquet avait requis la peine maximale de prison, qui est de dix ans, à son encontre ainsi qu’à l’encontre de Naima Abdelkader. Poursuivie dans le cadre de la même affaire, Mme Abdelkader a bénéficié de la relaxe.

Accusations de torture

Durant son procès, Sami Dernouni avait affirmé avoir été victime de torture lors de sa garde à vue dans les locaux des services de sécurité. Il a notamment affirmé avoir été « déshabillé, battu, torturé au pistolet électrique Taser », a indiqué Me Ali Fellah, membre du collectif d’avocats de Sami Dernouni, cité par le quotidien El Watan.

Selon un autre avocat cité par la même source, Me Abdallah Heboul, le dossier de Sami Dernouni est entaché de plusieurs « irrégularités, dont la privation du concerné d’un examen médical ».

« Il a été maintenu en détention pendant 106 heures. Il est obligatoire de le présenter devant un médecin. Mais cela n’a pas été fait. Dans le PV, il est dit que l’interrogatoire a eu lieu à Blida, alors que Sami Dernouni dit qu’il a été maintenu en garde à vue à la caserne Antar qui est située à Alger », a affirmé Me Heboul.