Récupération du foncier industriel inexploité: «Une première étape pour relancer l’activité économique»

R. N., Le Quotidien d’Oran, 4 mars 2021

Le président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), Abdelouahab Ziani, a estimé, hier, lors d’une émission de la radio nationale chaine 1, que la décision de récupération du foncier industriel inutilisé, prise par le président de la république, « est une bonne chose » et qu’elle contribuera à la revitalisation des zones industrielles, appelant au soutien des producteurs algériens afin de restaurer le marché local et protéger les postes de travail.

Selon M. Ziani, le processus de récupération du foncier industriel inutilisé « permettra le lancement de projets bloqués, ainsi que l’expansion des projets de production des entreprises publiques et privées ». Dans le même contexte, le président de la CIPA a souligné l’importance « d’adopter la transparence dans la distribution et l’exploitation » du foncier industriel proposant de mettre en place « un cahier des charges » pour l’obtention de ce foncier, « dans lequel l’entreprise s’engage à intégrer un certain nombre de travailleurs dans son activité de production ».

Abdelouahab Ziani a ajouté à ce propos : « maintenant, nous disons qu’il faut faire confiance aux industriels algériens pour augmenter la valeur du produit algérien, et à reconsidérer les accords (internationaux) précédemment conclus afin de protéger nos produits. Car la part des industriels algériens dans le marché local est d’environ 20% contre 80% pour les étrangers ». Pour le président de la CIPA, les industriels algériens « doivent regagner le marché local ». Et pour cela, « les producteurs algériens doivent être protégés, et le citoyen doit consommer le produit algérien, ce qui protégera les emplois et l’industrie en général ».

Evoquant les obstacles au lancement réel des industries de transformation, l’invité de la chaine 1 a ajouté que «l’industrie de transformation est présente en Algérie, mais son activité est arrêtée, malgré la disponibilité des produits agricoles, enregistrée pendant la période de confinement sanitaire, mais la perte était grande parce que nous n’avons pas su comment transformer le surplus de production et le stocker pour le commercialiser en cas de besoin ».

Une carte des producteurs algériens

Interrogé sur la stratégie de la CIPA, l’intervenant annonce que la Confédération travaille en coordination avec le ministère de l’Agriculture, « pour préparer la carte des producteurs algériens ». Concernant la valeur des exportations, M. Ziani prévoit qu’elles atteindront « 7 milliards de dollars, si un système de double équipes était adopté dans les unités de production des industries de transformation qui fonctionne actuellement à 20% de leurs capacités », précise-t-il. Ajoutant que « la différence des saisons agricoles entre l’Algérie et les pays africains, nous permet de fournir des produits agricoles plus tôt, ce qui permettra de dynamiser la production et d’ouvrir davantage de possibilités d’emploi ». En ce qui concerne le marketing des produits, Abdelouahab Ziani a déclaré que la CIPA fera appel à la SAFEX « dont l’expérience permettra de revitaliser la région de l’Assihar à Tamanrasset pour devenir une seconde capitale de l’exportation », alors que la société publique Logitrans pour la logistique et le transport routier des marchandises, « contribuera au transport des produits transformés de toutes les régions vers Tamanrasset, qui sera dotée de guichets uniques pour faciliter les transactions commerciales ».