Oran, Témouchent et Sidi Bel Abbès : Marches dispersées et des manifestants arrêtés

Akram El Kébir, M. Kali et M. Abdelkrim, El Watan, 27 février 2021

Hier à Oran, dans une tentative de renouer avec les marches du vendredi, des militants du hirak ont dû faire face à un dispositif policier des plus impressionnants. Un groupe d’une cinquantaine de hirakistes a formé une procession pour se diriger du boulevard Maata à la place du 1er Novembre quand un cordon policier les a rapidement dispersés et interpellés.

D’après les dires de militants du hirak, qui ont réussi à joindre leurs proches sur les réseaux sociaux – la connexion, en effet, était des plus exécrables –, 60 personnes ont été interpellées hier.

A l’heure où cet article est mis sous presse, leur libération se fait au compte-gouttes. Beaucoup, éparpillés un peu partout au centre-ville, ont décidé de rebrousser chemin quand ils ont constaté le climat délétère, pour ne pas prendre le risque de se faire interpeller. C’est que le dispositif policier, installé à Oran, était des plus impressionnants, que ce soit à la place du 1er Novembre ou à celle des Victoires, ou encore à la place attenante au lycée Lotfi.

A Témouchent, la marche a également été dispersée au niveau de la rue Raho Kada, à 300 m du début du boulevard du 1er Novembre, alors qu’elle devait rejoindre, à quelques autres centaines de mètres, la placette où la marche avait pris son départ lundi dernier.

Ce vendredi, les marcheurs ont pris le sens inverse en démarrant du nord de la ville. Les policiers les attendaient en nombre, les manifestants n’étaient pas très nombreux. Ceux qui ont fait défection ont préféré manifester à Oran ou Alger. Injonction a été donnée aux marcheurs de se disperser. Des voix se sont élevées pour signifier que la marche était pacifique.

Repérés, les protestataires ont été arrêtés. Demeurés solidaires, ceux qui ont refusé de se disperser ont été également poussés dans les fourgons de police. Seules quelques femmes qui étaient là n’ont pas été arrêtées. Aucune réponse n’a été fournie aux passants, choqués par le spectacle, qui se sont enquis de la raison des arrestations et de la dispersion de la manifestation.

A Sidi Bel Abbès enfin, plusieurs animateurs du mouvement de protestation ont été interpellés hier par la police, vers 14h, à hauteur de la station du tramway du Petit-Vichy, a-t-on constaté.

Des policiers en civil ont embarqué une dizaine de manifestants qui s’apprêtaient à rejoindre le centre-ville pour marquer la reprise du hirak en cette journée du vendredi. Toutes les personnes arrêtées ont été emmenées vers différents commissariats de la ville, selon plusieurs témoignages. Il y a lieu de préciser que la place du 1er Novembre (ex-Carnot), lieu de rencontre habituel des manifestants du hirak, avait été quadrillée en début d’après-midi par un important dispositif policier.