Partenariat AND (Agence nationale des déchets) et la société civile: 14 conventions signées

Ahmed Kessi, Le Soir d’Algérie, 21 février 2021

Une plateforme virtuelle dédiée au partage des données et des informations en matière de gestion des déchets sera bientôt mise en service. Un rapport détaillé, qui porte sur tous les indicateurs liés à la gestion des déchets, sera élaboré très prochainement par l’AND.
Ahmed Kessi – Alger (le Soir) – «13 millions de tonnes de déchets ménagers ont été produits l’année écoulée», c’est ce qu’a révélé Karim Ouamane, directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND), en marge de la séance de signature d’une convention de partenariat entre l’AND et 14 associations activant dans le domaine environnemental et la gestion des déchets. La signature de ces conventions est l’aboutissement logique et «le fruit d’un travail de proximité de quelques mois», a indiqué le directeur de l’AND, qui a consisté, selon lui, en «des campagnes de sensibilisation de la société civile en vue de provoquer le déclic pour accompagner la mise en œuvre d’une politique nationale en matière de gestion des déchets». Le travail de proximité permet de déployer la vision et la politique publique en matière de gestion des déchets et de se rapprocher le plus possible du citoyen qui, précise M. Ouamane, «sera le vecteur porteur des différentes thématiques. La meilleure façon de faire, c’est d’expliquer à travers eux au citoyen la vision du secteur de l’environnement en la matière». En contrepartie de ce travail de proximité en direction de la socité civile, l’AND accompagne les porteurs de projets, notamment par la mise à niveau en matière de lexique du langage à mettre en œuvre ; à travers des formations pédagogiques, un accompagnement spécifique lorsque c’est nécessaire, et également permettre d’échanger les bonnes pratiques des projets entre eux. Ainsi, le cadre aidera à, selon le directeur général de l’AND, «mettre en place une plateforme virtuelle dédiée au partage des données et des informations en matière de gestion des déchets».
Lors de l’allocution d’ouverture de la séance et les prises de parole, les intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de faire ce travail de proximité, de le poursuivre dans la durée. «La gestion des déchets commence là où ils sont émis et se termine là où ils sont évacués, définitivement», a mentionné le DG de l’AND. Et d’enchaîner : «Entre les deux maillons, beaucoup de choses peuvent se passer. La collecte, le tri, la valorisation.» Ainsi, a-t-il précisé, «l’objectif est non seulement d’attirer à travers eux l’attention des citoyens, maillon qui nous a échappé jusqu’à présent, sur la nécessité de s’impliquer dans la gestion des déchets directement, mais aussi de la possibilité de créer de la richesse et de l’emploi». D’ailleurs, selon lui, «il faut sortir de cette vision négative des déchets. Pour cela, il est nécessaire de faire du travail en amont. C’est ce à quoi on s’attache pour accomplir la mission de l’agence». Par ailleurs, le premier responsable de l’AND a affiché la volonté de l’agence de tendre la main à toutes les associations qui souhaitent s’impliquer. «Le choix porté sur ces 14 associations, qui constituent la première vague, des plus visibles implantées à l’échelle nationale et, depuis l’annonce de l’événement, on enregistre l’intérêt de beaucoup d’associations et leur désir de s’impliquer», a-t-il ajouté.
Ayadou Sid-Ahmed de l’association Jeunesse volontaire de Bel-Abbès est lauréat du prix Icaf (Initiative climat afrique francophone), dont le projet était parmi les trois meilleurs au niveau africain, en 2017, à l’occasion de COP 23 en Allemagne. En outre, l’association est membre permanent de l’ON dans le cadre de la convention de lutte contre la désertification et la sécheresse. L’association a réussi le pari de planter 63 000 arbres avec la contribution des citoyens. «L’AND nous permet de réaliser des projets qui consistent à agir localement et penser globalement. Parce que, actuellement, on est en train d’enfouir sous terre une matière qui constitue une grande richesse dans d’autres pays. Même le mot “déchets” est révolu. Désormais, c’est de la matière première.» «Notre rôle est de sensibiliser, en particulier les enfants, meilleur ambassadeur pour faire passer un message dans sa propre famille et son environnement. Ainsi, on a comme but de faire le tri à la source même et d’atténuer le tonnage des déchets produits annuellement.» Il y a lieu de noter la réalisation d’un projet d’envergure, celui d’un village écologique à Ghardaïa, par la fondation Amidoul. Sa population avoisine les 6 000 âmes habitant des logements construits (1 050) à base de matière première locale.
A. K.