Secteur de la santé publique: Le Snapap monte au créneau

Liberté, 14 février 2021

Le corps de la santé publique qui compte 220 000 fonctionnaires est en effervescence.

Après les actions de protestation (sit-in et grève) organisées sous l’égide de différentes organisations syndicales, affiliées ou non au Snapap, c’est au tour de l’Union nationale des fonctionnaires de santé publique de se manifester en formulant de nouvelles revendications.

Joint hier au téléphone, Ayachi Benmili, nouveau président de l’Union nationale des fonctionnaires de la santé publique (UNSP/Snapap), a déploré que “la situation ne fait que se compliquer” du fait de “l’absence d’un dialogue ouvert et franc entre partenaire social et tutelle”.

Selon lui, “la crise sanitaire due à la Covid-19 n’a fait qu’accentuer un malaise qui existait déjà au sein de notre corporation et c’est une situation qui ne peut durer”. “Il faut absolument y remédier”, dit-il.

Aussi, l’organisation syndicale, qui demande à reprendre langue avec le ministère de la Santé dont la charge échoit à Abderrahmane Benbouzid, a formulé de nouvelles revendications toujours d’ordre socioprofessionnel avec, en priorité, “une revalorisation salariale en toute équité”.

À ce propos, Ayachi Benmili insiste : “Le personnel de la santé publique constitue une seule et même famille. Du plus haut au plus bas de la pyramide, nous accomplissons un travail complémentaire pour lequel nous devons être considérés d’autant plus que nous sommes assujettis aux mêmes risques.”

Il est question, aussi, de tout un chapitre consacré à la pandémie de Covid-19 qui a vu de nombreux décès au sein du personnel de la santé.

“Nous réclamons une prime spécifique pour les cas de décès Covid-19 et qui n’ont pas manqué de causer des drames, notamment chez des familles démunies”.

Le syndicat réclame, également, de “publier au plus vite les textes relatifs à l’assurance complète pour les fonctionnaires de la santé publique dans leur ensemble et comme il en était question de compter dans le calcul de la retraite tous les mois travaillés sous Covid”.

Il revendique, par ailleurs, l’instauration d’une prime pour “danger permanent” et d’indexer la prime coronavirus dans le salaire pour la faire valoir dans la retraite.

M. Benmili qui n’a pas nié les efforts du ministère, lequel a procédé à la promotion à des grades supérieurs de pas moins de 60 000 fonctionnaires, souhaite que “ce processus se poursuive avec d’autres promotions d’exception” compte tenu, de son avis, “de tous les sacrifices fournis par ce personnel de la santé”.

Il propose, d’ailleurs, que “tous les efforts de part et d’autre soient conjugués pour aboutir à un système de santé performant et une meilleure prise en charge des malades dans le cadre d’un programme national” et se dit “prêt à y contribuer à travers des propositions”.

Le président de l’UNSP/Snapap n’a pas omis, non plus, de rappeler que son organisation est un “syndicat représentatif de toutes les composantes du système national de santé” et de préciser qu’en tant que partenaire social, “nous œuvrerons à promouvoir le dialogue et la concertation pour la défense des intérêts des travailleurs et du secteur de la santé”.

Il appelle, dans le même ordre d’idées, à “la concrétisation des revendications dans des délais raisonnables”, tout en avertissant qu’en cas d’une fin de non-recevoir, “le syndicat, après consultation de la base, prendra les décisions qui s’imposeront, quitte à passer à la contestation”.

Nabila SAÏDOUN