Pour la quatrième fois en une année: La Banque d’Algérie abaisse le taux de réserves

Liberté, 9 février 2021

C’est la quatrième fois consécutive en quasiment une année que la Banque centrale recourt à une telle mesure, dans une quête permanente de libérer des liquidités.

La tension persistante sur les liquidités bancaires a, de nouveau, contraint la Banque d’Algérie (BA) à abaisser le taux de réserves obligatoires, c’est-à-dire le niveau des avoirs que les établissements bancaires et financiers sont tenus de garder en compte auprès de la Banque centrale. C’est la quatrième fois consécutive en quasiment une année que la Banque centrale recourt à une telle mesure, dans une quête permanente de libérer des liquidités.

“Le comité des opérations de politique monétaire a décidé de réduire le taux de réserves obligatoires de 3 à 2%, et ce, à compter du 15 février 2021”, a indiqué, hier, dans un communiqué, la Banque d’Algérie. Le communiqué évoque une réunion du comité des opérations de politique monétaire de la Banque d’Algérie qui s’est tenue jeudi dernier.

“La réunion a été consacrée à la revue des principales évolutions de la situation économique, monétaire et financière nationale et internationale ainsi que de ses perspectives à court et moyen termes, notamment celles ayant trait à l’évolution de l’inflation, des ressources des banques (liquidité bancaire), du crédit et de la croissance économique”, précise le communiqué.

La Banque d’Algérie affirme que “le niveau modéré de l’inflation moyenne enregistré en 2020, bien qu’il soit en légère hausse par rapport à celui enregistré en 2019, reste en ligne avec les objectifs de la politique monétaire. Il a atteint 2,4% à fin décembre 2020 contre 1,9% en 2019”.

La Banque centrale fait état, également, d’une croissance de 3% des crédits à fin 2020, en contexte de fort choc interne induit par les effets de la pandémie de Covid-19. “L’évolution des ressources des banques s’est nettement améliorée comparativement avec son évolution au 1er semestre 2020” relève-t-on.

Cette évolution positive, observée depuis septembre 2020, a été induite par la mise en œuvre des orientations de politique monétaire menée tout au long de l’année 2020. Instrument monétaire orthodoxe et conventionnel, tout comme le réescompte et les politiques d’open market, l’ajustement à la baisse du taux de change permet de renflouer les banques en période de tensions financières.

La liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1 557,6 milliards de dinars à fin 2018 à 1 100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020. Elle a chuté à 476 milliards de dinars à fin septembre 2020 de la même année avant de remonter légèrement en novembre dernier à 612 milliards de dinars.

Après les baisses enregistrées en 2015 et 2016, la liquidité bancaire s’est relativement stabilisée après le lancement des opérations d’open market d’injections de liquidités à partir de mars 2017, pour ensuite croître fortement dès novembre 2017 après la mise en œuvre du financement non conventionnel (planche à billets).

La Banque d’Algérie avait alors augmenté le taux de réserves obligatoires, pour le porter à 8% en janvier 2018, ensuite à 10% en juin 2018 et enfin à 12% en février 2019. Dans un contexte d’assèchement de la liquidité, amorcé après la suspension du dispositif de la planche à billets et aggravé par les incidences de la crise sanitaire, la Banque d’Algérie a fait le chemin inverse. Le taux de réserves obligatoires auquel sont soumises les banques primaires est passé ainsi de 10 à 3% rien que durant la période allant de mars 2020 à septembre de la même année.

Hier, le comité des opérations de politique monétaire a décidé de réduire le taux de réserves obligatoires de 3 à 2%, et ce, à compter du 15 février prochain. Cette décision “est de nature à permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidités à même de renforcer davantage les capacités de financement des banques”, indique la Banque d’Algérie. Cette dernière souligne que le plan de relance économique national, nécessitera un accompagnement certain du secteur bancaire en termes de financement.

Meziane Rabhi