Dialogue national palestinien au Caire : De l’espoir et des appréhensions

Farès Chahine, El Watan, 09 février 2021

Djibril Rajoub, secrétaire général du Comité central du Fatah, et Saleh Al Aarouri, membre du bureau politique du Hamas, sont à la tête de leurs délégations respectives pour faciliter la tenue des élections dans les Territoires palestiniens occupés, qui seront les premières en 15 ans.

Les sessions du dialogue national palestinien ont commencé hier, au Caire, avec la participation de l’ensemble des mouvements palestiniens, à leur tête le Fatah et le Hamas, les principales forces palestiniennes, en conflit, ayant abouti à la division interne.

Plusieurs questions nationales sont à l’ordre du jour de ces discussions parrainées par le président égyptien Abdelfatah Al Sissi.

Le principal point de ce dialogue national est l’organisation des élections législatives, prévues en mai, et l’élection présidentielle en juillet, particulièrement les mesures techniques et juridiques du processus électoral afin qu’il exprime la volonté du peuple palestinien, qui, à travers les urnes, sera le seul décideur.

Djibril Rajoub, secrétaire général du comité central du Fatah, et Saleh Al Aarouri, membre du bureau politique du Hamas, sont à la tête de leurs délégations respectives pour faciliter la tenue des élections dans les Territoires palestiniens occupés, qui seront les premières en 15 ans. Les dernières législatives datent de 2006 et l’élection présidentielle de 2005. Le processus démocratique s’est arrêté en 2007 après le putsch armé du Hamas dans la bande de Ghaza.

C’était le début d’une division palestinienne géographique et politique avec le Hamas gouvernant la bande de Ghaza, qui a été soumise à un blocus israélien étouffant et trois guerres israéliennes meurtrières et destructives.

Le Fatah est resté aux commandes dans les régions relevant de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, où l’expansion coloniale s’est accélérée à un rythme effréné, ne laissant presque aucune chance à la création d’un Etat palestinien indépendant doté d’une continuité territoriale.

Depuis, des milliers d’heures de discussions et plusieurs accords de réconciliation n’ont jamais réussi à surmonter les différends entre les deux principales forces palestiniennes.

En quête de légitimité interne et internationale et devant les dangers de liquidation pure et simple de la cause palestinienne ayant débuté à l’ère du président américain Donald Trump, Fatah et Hamas ont décidé d’aller aux urnes pour surmonter la division.

Les déclarations des représentants des deux parties, lancées la veille de leur départ au Caire, expriment de bonnes intentions. Djibril Rajoub a affirmé que son mouvement participera au dialogue, comme l’a dit le président Mahmoud Abbas, «l’esprit ouvert, afin de répondre aux attentes du peuple palestinien et servir notre juste cause».

Les responsables du Hamas ont promis de tout faire pour lever les obstacles conduisant à la réconciliation. Les autres mouvements et factions présents qui ne pèsent pas très lourd sur le terrain tenteront de rapprocher les points de vue et jouer un rôle dans la garantie de l’application d’un prévisible accord.

Vu la situation catastrophique sur tous les plans qu’ils soient politiques, économiques ou autres en Palestine occupée, un nouvel échec sera fatal pour le peuple palestinien, principal victime de la division, et pour sa cause nationale.