Projets défaillants de l’Ansej: Le remboursement a atteint 27 milliards de dinars

Khelifa Litamine, El Watan, 07 février 2021

Le Fonds de garantie n’a pas voulu se précipiter pour le remboursement, estimant que certaines entreprises peuvent encore reprendre leurs activités.

Le Fonds de caution mutuelle de garantie risques/crédits jeunes promoteurs, dans le cadre du dispositif d’aide à l’emploi Ansej, a procédé au remboursement de l’équivalent de 27 milliards de dinars pour près de 22 500 projets, a indiqué hier Mohamed Cherif Bououd, directeur de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade, ex-Ansej).

M. Bououd, qui a souligné lors de son passage au quotidien El Chaab, que ce même fonds, qui garantit les crédits des jeunes entrepreneurs auprès des banques publiques, est en train d’étudier près de 50 000 dossiers de crédit représentant un montant de 82 milliards de dinars. Le Fonds de garantie n’a pas voulu se précipiter pour le remboursement, estimant que certaines entreprises peuvent encore reprendre leurs activités.

«Si nous procédons au remboursement, les banques vont saisir les équipements de leurs créanciers, ce qui mettra fin aux projets. Donc, nous sommes en train d’étudier les dossiers au cas par cas.» Faisant un petit bilan, M. Bououd a indiqué que son agence a financé 386 000 projets depuis sa création, dont 140 000 entre 1997 et 2010 et 245 000 entre 2011 et 2020.

La hausse constatée dans la seconde période est liée, selon l’invité du quotidien, aux facilitations qui ont été introduites par ce dispositif et la hausse du plafond du crédit à un million de dinars.

Cependant, dans un constat réalisé durant le mois de juin dernier, en collaboration avec l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), il a été souligné qu’il existe 172 milliards de dinars d’impayés par les jeunes entrepreneurs du dispositif auprès des banques, a révélé M. Bououd. Ce montant a été atteint à cause des procédures liées au fonctionnement de ce dispositif.

Différé de 3 ans

En effet, depuis 2011, les emprunteurs ont un différé de 3 ans pour commencer le remboursement ; en outre, la banque doit attendre 3 semestres après l’arrêt du remboursement pour déposer le dossier auprès du Fonds de garantie, a encore expliqué le directeur de l’Anade.

Ce sont autant de procédures qui ralentissent la récupération des crédits par les banques, ce qui a amené à la hausse des impayés, un montant très conséquent durant les huit dernières années.

Depuis fin 2020, un dispositif particulier est mis en place par le gouvernement pour assainir la situation et procède à l’étude de chaque cas, ainsi ceux qui peuvent reprendre seront soutenus, pour les autres, leur matériel sera saisi par les banques, a indiqué le directeur de l’Anade. Pour rappel, les dernières statistiques indiquent que 70% des sociétés créées dans le carde du dispositif Ansej connaissent des difficultés et risquent de mettre la clé sous le paillasson.