Le FMI revoit ses prévisions de croissance à la hausse

Malgré une incertitude “exceptionnelle” sur l’économie mondiale

Liberté, 27 janvier 2021

En octobre dernier, le FMI avait estimé que  le produit  intérieur brut de l’Algérie devrait croître de 3,2% cette année.

Le  Fonds  monétaire  international  (FMI)  a  dévoilé,  hier,  ses  nouvelles prévisions  économiques  mondiales.  L’institution  de Bretton  Woods  s’est montrée un peu plus optimiste sur la croissance, malgré un climat d’incertitude qualifié d’“exceptionnel”.

Dans sa mise à jour de ses perspectives économiques, l’institution financière internationale table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 5,5% en 2021, après une contraction estimée à 3,5%   en 2020.   Les prévisions de croissance pour 2021 sont revues  à  la  hausse de 0,3 point  par rapport aux estimations d’octobre 2020.

“Les données  économiques  publiées après  les  prévisions d’octobre 2020 indiquent que l’élan de  croissance  au  deuxième semestre  2020 a été, en moyenne, plus fort que prévu dans toutes les régions” relève le FMI dans sa mise à jour, en raison des mesures de soutien supplémentaires prises dans un petit nombre  de  grands  pays  et  du  renforcement  attendu de l’activité économique grâce aux vaccins, plus tard dans l’année.

Pour la région Moyen-Orient et Asie centrale, le FMI  table sur un rebond du produit intérieur brut de 3% cette année. Cependant, la  recrudescence des infections à la fin de 2020 (due notamment aux nouveaux variants  du virus), l’imposition  de  nouveaux  confinements,  les  difficultés  logistiques  de  la distribution des vaccins  et  l’incertitude  entourant  leur  acceptation font de l’ombre à ce tableau favorable.

Pour 2022, la croissance pourrait se tasser à 4,2% indique le FMI. Ce dernier précise que les  projections  de  référence  sont  soumises  à  une  incertitude exceptionnelle.

“Les résultats pourraient s’améliorer à la faveur d’une plus grande efficacité des  vaccins  et  thérapies  et  de  l’adoption  de  mesures  de  soutien supplémentaires, mais ils pourraient aussi se dégrader en raison de la lenteur du lancement des vaccins, des mutations du  virus ou d’un  retrait  prématuré des mesures de soutien”  souligne Gita  Gopinath, conseillère  économique et directrice du département des études du FMI.

Selon  l’institution  financière  internationale,  dans  le  sillage  de  la  reprise mondiale,  la  croissance  des  volumes  d’échanges  commerciaux  devrait atteindre environ 8% en 2021, puis se tasser à 6% en 2022.

Le commerce des services devrait toutefois se relever plus lentement que celui des marchandises,  car  le  tourisme  transfrontalier  et  les  voyages d’affaires resteront en repli jusqu’à  ce  que  la transmission du virus recule partout.

Par ailleurs sous l’effet de la reprise mondiale attendue, les cours pétroliers devraient se hisser en 2021 à un  peu plus  de 20% au-dessus du creux de 2020, mais ils resteront bien en deçà de leur moyenne pour 2019.

Les prix des produits de  base  hors  pétrole  devraient également augmenter, avec notamment une forte accélération attendue pour les métaux en 2021. En octobre 2020, le FMI avait  estimé  que  le  produit  intérieur  brut  de l’Algérie devrait croître de 3,2% cette année.
 

M. R.