Sa demande de liberté provisoire rejetée par la Cour d’Alger : Rachid Nekkaz reste en détention

Madjid Makedhi, El Watan, 21 janvier 2021

Il est aussi poursuivi dans une autre affaire. Selon ses avocats, il a été extrait, avant-hier, de sa cellule à la prison de Koléa pour être présenté devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed.

L’activiste politique Rachid Nekkaz ne quittera pas la prison de Koléa, où il est en détention depuis plus d’une année. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée, hier, par la chambre d’accusation près la cour d’Alger. La demande en question a été déposée par sa défense le 19 octobre dernier.

Arrêté le 4 décembre 2019, Rachid Nekkaz a été poursuivi pour «incitation à porter des armes contre des représentants de l’Etat», «incitation à attroupement non armé» et «publication Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national». La chambre d’accusation a décidé, le 29 juillet 2020, de transmettre son dossier à la chambre criminelle près le tribunal de Dar El Beïda.

Rachid Nekkaz est aussi poursuivi dans une autre affaire. Selon ses avocats, il a été extrait, avant-hier, de sa cellule à la prison de Koléa, dans la wilaya de Tipasa, pour être présenté devant le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. Et cela sans la présence de ses avocats.

«C’est par hasard qu’un de nos collègues, membre du collectif de défense, a appris que Rachid Nekkaz a été présenté devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed», a dénoncé Me Zoubida Assoul. Les avocats n’ont toujours pas connaissance des détails de cette nouvelle affaire pour laquelle a été entendu Rachid Nekkaz.

Au début du mois de décembre 2020, les avocats de Rachid Nekkaz avait dénoncé le renouvellement, «par effet rétroactif», de sa détention. Selon eux, la décision, en se référant à l’article 128 du code de procédure pénale, est «illégale».

Le ministère de la Justice avait réagi pour déclaré que la prorogation de la détention provisoire de Rachid Nekkaz «est parfaitement légale». «L’ordonnance du juge d’instruction frappée d’appel dans le cas d’espèce est une ordonnance de règlement et une telle ordonnance au sens de l’article 166 du code de procédure pénale, au cas où elle venait à être portée devant la chambre d’accusation, alors que le prévenu faisait l’objet d’une détention provisoire, le mandat de dépôt ou d’arrêt décerné à son encontre par la juridiction d’instruction, continue à produire ses effets jusqu’à ce qu’il ait été statué par la juridiction du renvoi ; par statuer, il y a lieu d’entendre rendre une décision sur le fond», avait expliqué le ministère dans un communiqué rendu public le 13 décembre dernier.

Et d’ajouter : «Par son arrêt du 5 avril 2020, il est clair que la chambre d’accusation n’avait pas statué sur le fond mais a rendu un arrêt avant-dire droit en ordonnant un complément d’information, conformément aux dispositions des articles 186 et 190 du code de procédure pénale.»