Projet de révision de la loi électorale rendu public : Les bons et les mauvais points des partis politiques

Nabila Amir, El Watan, 19 janvier 2021

La commission chargée de l’élaboration du projet de révision de la loi électorale, chapeauté par M. Laraba, a rendu public, dimanche après-midi, ce texte de loi qui a été largement partagé sur les réseaux sociaux.

Nombreux sont les partis politiques qui ont refusé de se prononcer ou de commenter son contenu tant qu’ils n’ont pas reçu, officiellement, une copie. Certaines entités, qui se sont exprimées, pensent que ce texte n’opère pas une vraie rupture par rapport à la loi en vigueur.

Néanmoins, l’introduction de nouvelles dispositions empêchant l’intrusion de l’argent sale et de la corruption dans le processus électoral est qualifiée de point positif par certaines formations politiques, à l’instar du MSP, Jil Jadid, FLN et le RND.

Soufiane Djilali, leader de Jil Jadid, n’a pas reçu de copie, mais a pu consulter brièvement le document pour lequel il distribue relativement de bons points. «Le plus important dans ce document de loi, dit-il, est le changement apporté aux modalités électorales, notamment la liste ouverte. Une disposition que Jil Jadid applaudit, car elle met fin au phénomène de l’achat des têtes de liste par des personnes riches, mais qui n’ont aucune notoriété politique.»

Le Dr Naamane du MSP partage cet avis. «Cette disposition bannit l’achat des positions et les têtes de liste. Dorénavant l’électeur choisira le candidat qui l’intéresse sur la base d’une liste ouverte, ensuite le parti récoltera le pourcentage des voix. Au bout du compte, il y aura un double décompte, celui concernant le pourcentage qu’a obtenu la liste au nom du parti et par la suite la répartition des sièges se fera en fonction des électeurs qui ont choisi les noms», explique Soufiane Djilali précisant que cette mesure va obliger les partis à choisir des compétences et incitera les postulants à faire campagne, ce qui créera de l’animation politique.

«Par cette disposition, nous découvrirons quels sont les partis politiques qui font dans le remplissage et ceux qui sont composés de cadres formés», se réjouit le patron de Jil Jadid qui qualifie de positive également l’introduction d’un article qui parle de la transformation en disposition transitoire la demande des 4% comme seuil pour présenter des listes, il n’y aura pas de seuil pour cette élection.

Le compteur sera remis à zéro pour l’ensemble des formations politiques, y compris celle ayant obtenu récemment l’agrément.

Pour ce parti, l’article sur la résidence n’est pas clair et la parité hommes-femmes tel que proposé dans la mouture rendue publique hier poussera les partis à faire appel à des femmes qui n’ont rien à voir avec la politique, ce qui portera, selon Soufiane Djilali, préjudice même à la femme politique.

Le Parti des travailleurs (PT) note, quant à lui, que par-delà «les aberrations» et les «discriminations flagrantes» contenues dans le projet rendu public, ce texte de loi vient en application d’une Constitution rejetée par 80% de la population et vise à faire gagner du temps au système.

«Cela va de soi, notre parti ne saurait inscrire son action dans cette entreprise de fuite en avant dangereuse», note le PT dont la principale préoccupation aujourd’hui, rappelle le parti, sont les souffrances insupportables de millions d’Algériens qui font face à une véritable descente aux enfers (chômage massif, licenciements par centaines de milliers, dizaine de milliers d’entreprises et de commerces fermés).

«Une chute brutale, accélérée par l’arrêt de nombreuses activités, décidé par les autorités dans le cadre du prétendu confinement sanitaire» déplore Taazibt du PT.

Dans un bref commentaire, le RCD qui ne risque pas de faire des propositions autour de ce texte pense que «ce nouveau code électoral sera semblable aux autres lois qui ne sont qu’à la recherche de la pérennité d’un système dont les Algériens demandent le départ depuis le 22 février 2019».

Les revendications du RCD, rappelle Atmane Mazouz, sont claires : «Nous revendiquons une véritable transition démocratique qui doit passer impérativement par un processus constituant qui impliquera tous les Algériens dans le choix des institutions légitimes.»