Les syndicats menacent de radicaliser la protesta

Fin de la grève des personnels du secteur du commerce

Liberté, 14 janvier 2021

Même avec un service minimum assuré, le débrayage a paralysé ports, aéroports et postes frontaliers, causant des pertes économiques considérables.

La grève de quatre jours enclenchée par les personnels du secteur du commerce depuis dimanche dernier est à peine achevée (depuis hier), que déjà les protestataires brandissent la menace d’une grève illimitée accompagnée de sit-in devant le ministère du Commerce pour exprimer toute leur colère et leur indignation.

Le Syndicat national des personnels du ministère du Commerce, affilié à la Fédération nationale du commerce et du tourisme (UGTA), et la Fédération nationale du personnel du commerce, qui ont appelé à la grève, ont expliqué, hier, qu’il “est question de colère parce que cela fait un moment que nous formulons des revendications qui n’ont jamais été satisfaites”.

“Il s’agit aussi d’indignation devant le silence de notre tutelle qui nous témoigne un grand mépris”, disent-ils. Et face aux affirmations du ministère du Commerce qui minimise le taux de suivi de la grève, le réduisant à moins de 50%, les syndicats persistent et signent que “le mouvement a été très largement suivi, atteignant les 87% dans la plupart des wilayas et parfois 100% dans d’autres”.

Un résultat qu’ils qualifient de “significatif” attestant de la “détermination” de la base qui appelle à passer à des actions plus radicales. Nos interlocuteurs auprès des deux syndicats nous ont fait savoir que “les fonctionnaires grévistes ne comptent pas baisser les bras quoi qu’il leur en coûte en usant de toutes les voies légales”. Les doléances du syndicat du personnel du ministère du Commerce portent, essentiellement, sur “la révision du statut particulier pour permettre une revalorisation salariale en adéquation avec les autres corps similaires, ainsi que la révision du décret exécutif 205-11 portant sur le régime indemnitaire des corps spécifiques du secteur du commerce”.

Les protestataires réclament, aussi, “leur part des revenus obtenus grâce au recouvrement des sommes des contraventions rédigées par les agents de contrôle dans le compte spécial créé suivant la loi 238-06 portant création de la caisse des recettes complémentaires et sur la réactualisation de la prime de l’IFRC”.

Youcef Rabia, SG de la Fédération nationale du personnel du commerce affilié au Snapap, a eu déjà, pour sa part, à discuter avec la tutelle en date du 7 janvier dernier sans arriver, pour autant, à un résultat probant. Il déplore, cette fois-ci, que le dialogue soit carrément interrompu de la part d’une tutelle qui, cette fois-ci, est restée de marbre. Ahmed Allali, SG du Syndicat national des personnels du ministère du Commerce, affilié à la Fédération nationale du commerce et du tourisme (UGTA), va encore plus loin, estimant que “le silence de la tutelle est carrément une fuite en avant”, voire “irresponsable”.

De son côté, Meftah Samir, conseiller chargé de la communication auprès du ministère du Commerce, joint par téléphone, a assuré, hier, que “le département de Kamel Rezig, ministre du Commerce, est toujours à l’écoute des travailleurs de son secteur et que la semaine prochaine, les deux syndicats (UGTA et Snapap) seront invités à la table des négociations”. Notre interlocuteur nous a assurés que “tous les efforts seront consentis pour trouver des solutions qui puissent satisfaire toutes les parties”.

Nabila SaÏdoun