L’Algérie incapable de tirer parti de la flambée des prix du gaz en Asie

Twala, 10 janvier 2021

Les exportations algériennes de gaz en 2020 ont baissé de 6% à 38,5 milliards de mètres cubes, a estimé mees dans sa livraison du 08 janvier, expliquant cette chute par une «demande intérieure croissante combinée à la baisse de la production». C’est leur plus bas niveau depuis 15 ans.

Ainsi, a souligné mees, «l’Algérie se révèle incapable de tirer parti de la flambée des prix du gaz sur les marchés spot en Asie».

Boudé en Europe où il est acheminé essentiellement via des gazoducs, le gaz algérien se cherche depuis quelques années d’autres débouchés porteurs, sous forme de GNL.

Or, la déclaration du ministre de l’énergie, Abdelmadjid Attar, en décembre dernier disant que « les ventes de GNL de cette année avaient dans une certaine mesure compensé la baisse des volumes canalisés », n’était qu’un leurre.

La flambée des prix spot asiatiques au cours des deux derniers mois n’a pas vu l’Algérie multiplier ses expéditions de GNL dans la région. Et pour cause, après avoir satisfait à la demande hivernale de l’Espagne et de l’Italie, l’Algérie n’a pu dégager un excédent de gaz à commercialiser ailleurs.

Les chiffres de Kpler, société d’intelligence économique spécialisée en énergie, indiquent que les exportations algériennes de GNL en Asie se sont limitées à deux cargaisons envoyées au moins de juillet 2020, une cargaison en Inde et une autre au Pakistan.

Hormis l’exceptionnelle hausse de 2016 -de nouvelles méthodes de production ayant augmenté les volumes commercialisables-, les exportations algériennes des hydrocarbures affichent une tendance à la baisse, chutant de 40% comparativement à leur niveau record de 64,2 milliards de mètres cubes réalisé en 2005.

Les prix spot asiatiques ont atteint des cimes cette semaine, s’élevant vendredi à 36 dollars par MBTU à cause de la vague de froid qui frappe la Corée et le Japon.