Poursuivi pour les «indus privilèges» accordés à Ali Haddad : 4 ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt infligés à l’ex-wali d’Alger

Salima Tlemcani, El Watan, 30 décembre 2020

Poursuivi par le tribunal de Tipasa, pour entre autres, «abus de fonction» et «octroi d’indus avantages» à l’homme d’affaires Ali Haddad, l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a été condamné hier à une peine de 4 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 100 000 DA, un mandat de dépôt et une privation de tous ses droits civiques durant trois ans, après l’expiration de la sanction.

Lors de son procès, tenu le 8 décembre dernier, au cours duquel, le parquet avait requis une peine de 10 ans de prison ferme, un million de dinars d’amende, la privation de ses droits civiques durant cinq ans et la confiscation de ses biens pour avoir «abusé de sa fonction» en «accordant d’indus privilèges» à l’ex-président du FCE (Forum des chefs d’entreprise), ayant causé «d’énormes pertes du foncier agricole, industriel et touristique ainsi que pour le Trésor public».

Pour ses avocats, Mes Zouaoui (père et fils), «la responsabilité n’incombe pas uniquement à l’ex-wali, mais aussi à d’autres responsables non concernés par le procès». Selon eux, l’ordonnance de renvoi «a fait état d’une enquête menée au niveau des 48 wilayas, alors que seul l’ancien chef de l’exécutif de la capitale se retrouve poursuivi. Où sont les autres ?» La défense a tenté de battre en brèche les griefs retenus contre Zoukh, en relevant que «sur les 250 parcelles de terrain affectées par ce dernier, l’enquête n’en a évoqué que 4 octroyées à Ali Haddad».

Pour les avocats, Ali Haddad «n’a pas la main sur tout le foncier. Il a essuyé de nombreux refus et même avec l’intervention du Premier ministre, il n’a obtenu que 4000 m2. Il y a eu mauvaise gestion, pas plus, et le parquet réclame une peine de 10 ans de prison ferme.

Le wali n’a rien à faire ici». La défense a remis en cause la «légalité» de l’expertise et «sa méthode d’évaluation» du préjudice. «Comment expliquer que seul Zoukh est ici, alors que l’expert affirme que Haddad a obtenu des terrains dans les 48 wilayas ? Nous ne cherchons pas à poursuivre les autres walis, mais juste à comprendre ces deux poids deux mesures. Zoukh a été jugé et condamné par les réseaux sociaux», déclarent les avocats avant de réclamer la relaxe pour l’ex-wali.

Ce dernier, faut-il le préciser, avait été condamné le 8 décembre dernier par le même tribunal pour les mêmes chefs d’inculpation. La première, concerne les biens fonciers et immobiliers accordés à l’épouse et aux enfants de l’ex-patron de la police, Abdelghani Hamel, et considérés par la justice comme étant d’«indus privilèges», pour lesquels il a été condamné à une peine de 4 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars, et une compensation de 10 millions de dinars pour les pertes occasionnées au Trésor public.

Une autre peine de 5 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars et le paiement d’une somme de 10 millions de dinars au Trésor public, ainsi qu’un mandat de dépôt à l’audience, a été infligée à l’ex-wali, dans la seconde affaire liée aux «avantages indûment accordés» au patron du groupe Cima Motors, Mahieddine Tahkout. La défense de l’ex-wali a fait appel contre les trois décisions du tribunal de Tipasa.