Cinq ans de prison ferme requis contre Walid Kechida

Le verdict devra être prononcé le 4 janvier

Abdelghani Aichoun, El Watan, 22 décembre 2020

Le procureur de la République près du tribunal de Sétif a requis, hier, cinq ans de prison assortis d’une amende de 500 000 DA (50 millions de centimes) contre Walid Kechida, fondateur de la page Facebook «Hirak mèmes».

Le verdict devra être prononcé le 4 janvier prochain. Selon des avocats, ce jeune de 25 ans est poursuivi pour «outrage à corps constitué», «atteinte au président de la République, à la force publique dans l’exercice de ses fonctions et aux préceptes de l’islam».

Arrêté le 24 avril dernier, il a finalement été placé en détention provisoire trois jours plus tard. Sa demande de libération provisoire, formulée le 24 août dernier, avait été rejetée. Son mandat de dépôt a donc été renouvelé une deuxième fois.

Le 3 décembre, le juge d’instruction du tribunal de Sétif a transmis son dossier à la chambre correctionnelle.

L’affaire Kechida soulève toujours de l’indignation chez nombre de militants et activistes, dans la mesure où sur sa page il ne fait, avec d’autres jeunes, que traiter l’actualité politique nationale avec humour. Ceci, d’autant que Walid a déjà passé huit mois en détention provisoire avant d’être jugé hier.

Plusieurs autres procès se sont tenus hier au tribunal de Felaoucene à Oran. On peut citer celui de 14 citoyens, dont le militant Kadour Chouicha, accusés d’«attroupement non armé» et «atteinte à l’ordre public». Le parquet a requis six mois de prison ferme.

Le verdict sera rendu le 18 janvier prochain. Le hic dans cette affaire est le fait que parmi les personnes poursuivies, il y a le cas de Hassane Kachour, décédé pourtant il y a quelques mois.

Il y a également le cas du journaliste Mustapha Bendjama, rédacteur en chef du journal Le Provincial, poursuivi pour «outrage à corps constitué» et dont le procès, qui devait avoir lieu hier, a été renvoyé «à une date ultérieure».

Il est à rappeler en dernier lieu qu’ils sont pas moins de 96 détenus d’opinion toujours dans les prisons, selon le décompte mis à jour ce 19 décembre par le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).