Protection et promotion des droits de l’enfant en Algérie: Du chemin reste encore à faire

Massiva Zehraoui, Le Soir d’Algérie, 21 décembre 2020

28 années se sont écoulées depuis la ratification par l’Algérie de la convention relative aux droits de l’enfant. Les acteurs qui luttent pour la préservation de cet acquis évoquent des avancées non négligeables en terme de protection des enfants, notamment sur le plan juridique mais s’accordent toutefois à dire qu’il reste un bout de chemin à parcourir avant de garantir à tous les enfants les mêmes chances d’accéder à leurs droits les plus fondamentaux.
Massiva Zehraoui – Alger (Le Soir) – Des années plus tard, quelles sont les perspectives des droits de l’enfant en Algérie ? Pour en débattre, l’Organe national de la protection et de la promotion des droits de l’enfant (Onppe), a organisé hier samedi à Alger, une réunion consacrée à dresser un bilan général de l’état des lieux des droits de l’enfant dans notre société.
Cette rencontre a regroupé des associations ainsi que les représentants des divers secteurs d’activités qui affirment accorder un grand intérêt à la préservation des droits des enfants. Ouvrant la séance, la présidente de l’Onppe, Meriem Cherfi, a d’abord souligné l’importance de mettre au centre des débats la question de l’enfance et d’en faire une priorité. Elle met en avant les réalisations accomplies par les acteurs composant le vaste réseau de la protection des enfants au fil des ans. Elle estime néanmoins, que ces efforts doivent se poursuivre coûte que coûte dans l’espoir de permettre à tous les enfants de jouir du droit à l’éducation, à la justice ou encore à la santé…
Selon elle, le défi aujourd’hui, consiste en la continuité des efforts fournis dans la préservation des droits de l’enfant en Algérie dans un contexte sanitaire assez contraignant. La présidente de l’Onppe se dit cependant «satisfaite du travail effectué par les associations» en collaboration avec différents secteurs depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19. «Heureusement, la présence du tissu associatif sur le terrain n’a pas été ébranlé tant que ça par la pandémie», a-t-elle appuyé.
Prenant part au débat, le représentant de l’éducation nationale a considéré que l’Algérie a beaucoup avancé sur le plan de la protection des droits de l’enfant. «La création de l’Organe national de la protection et de la promotion des droits de l’enfant est d’une façon la consécration», a-t-il relevé. Ce dernier conviendra tout de même qu’en termes de promotion de ces droits, «beaucoup de choses exigent d’être améliorées». Il souligne par exemple, qu’en ces temps difficiles, il est important «d’assurer la continuité des services publiques pour les enfants».
Dans ce registre, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a assuré par le biais de son porte-parole, que le secteur prend en charge la question de l’enfance à travers l’implication des autorités locales dans la promotion de cette catégorie de la population. Il s’agit par exemple ; «d’accompagner l’enfant à l’école en lui assurant le transport scolaire et en lui permettant de s’adonner à des activités extrascolaires», explique-t-il. Le secteur de la justice promet pour sa part de renforcer davantage le dispositif législatif qui protège l’enfant de toute forme de violence.
La présidente de la fédération des parents d’élèves, Djamila Khiar, a déclaré en marge de cette rencontre que le rôle de son organisation est de veiller à «permettre aux enfants d’accéder à l’éducation pour qu’ils aient les mêmes chances de réussir». Le droit à l’éducation est, d’ailleurs, fait-elle remarquer : «un droit entièrement consacré par l’État». À propos des perspectives des droits de l’enfant en Algérie, Djamila Khiar se dit optimiste quant à l’avenir des enfants, en précisant toutefois que cela demande la création d’un environnement propice à leur épanouissement. Cette réunion est justement l’occasion d’établir « un bilan général de la situation de l’enfant en Algérie afin de faire ressortir les manquements qui entravent son accès à des droits vitaux», a-t-elle indiqué.
M. Z.