Un groupe de «hacktivistes» marocains revendique l’opération : Plusieurs sites internet algériens piratés

Abdelghani Aichoun, El Watan, 19 décembre 2020

Plusieurs sites internet algériens d’entreprises privées mais aussi publiques ainsi que des organismes institutionnels, pour quelques-uns d’entre eux, sont inaccessibles depuis deux jours. Il s’agit, selon toute vraisemblance, d’une opération de piratage commise par un groupe se faisant appeler «Morocco Hack Team Neige_Ma».

Ils sont près d’une trentaine de sites, ayant principalement l’extension «.dz», à avoir été «piratés» jeudi dernier. On y trouve, entre autres, ceux de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), de l’Algérienne des autoroutes (ADA), l’hôtel Mazafran, Info Trafic Algérie ou bien Numilog.

Hier encore, ces sites étaient toujours inaccessibles. Sur l’interface de certains d’entre eux, on peut lire, en anglais, ceci : «Piraté par Morocco Hack Team Neige_Ma : longue vie à l’empire du Maroc. Notre histoire parle pour nous. La Mauritanie et l’Algérie font partie de nous.» Il y a également un sigle se rapportant à l’emblème du mouvement «Moorish», une mouvance ultranationaliste, selon des informations recueillies sur la Toile, qui rêve d’un «empire» marocain.

Selon les premières indications, il s’agit beaucoup plus du piratage des interfaces des sites et non de leurs contenus numériques, c’est-à-dire des informations.

D’autant plus que les sites victimes de cette attaque ne sont pas majoritairement «stratégiques». Même celui de l’Alnaft n’est relié à aucune plateforme où sont stockées les données du secteur des hydrocarbures. On y trouve des textes de loi ainsi que certaines informations publiques relatives aux découvertes, aux appels d’offre…

Ce n’est pas la première fois que des sites d’entreprises ou d’institutions algériennes subissent ce genre de piratage. Le site du ministère de la Santé a été piraté, le mettant hors service pendant quelques heures, deux fois cette année, durant les mois de mai et d’octobre. Et comme par hasard, cette fois-ci encore, les «hackers» se revendiquaient du Maroc.

Défaut de sécurité

En tout cas, il est clair que certaines institutions ou même des entreprises doivent sécuriser davantage leurs sites, même, faut-il le préciser, de grosses entreprises internationales et des gouvernements des pays les plus puissants subissent des cyber-attaques, bien que, bien entendu, l’objectif des opérations lancées par les différents «hacktivistes» n’est pas le même.

En 2016, le cabinet d’avocats établi au Panama, Mossack Fonseca, s’est fait piraté «2,6 téraoctets de données en couvrant près de 40 ans d’enregistrements».

C’est ce qui est communément appelé l’affaire «Panama papers». Il n’y a pas, évidemment, de comparaison à faire, l’enjeu n’étant pas du tout le même.

Cependant, avec la nécessité d’aller vers la «numérisation» de certains aspects de l’économie nationale, en premier lieu pour ce qui est, par exemple, du paiement en ligne, il est impératif pour l’Algérie de sécuriser davantage ses sites et autres plateformes informatiques.