Forum des droits de l’Homme de BéjaÏa: “Une année noire pour la justice algérienne”

Liberté, 10 décembre 2020

Le Centre de documentation et d’information sur les droits de l’Homme (CDDH) de Béjaïa a abrité, hier, à la veille de la date anniversaire de la Journée internationale des droits de l’Homme, la 9e édition du Forum des droits de l’Homme. Des acteurs sociopolitiques, des militants des droits humains et des avocats ont pris part à ce rendez-vous annuel des défenseurs des droits de l’Homme. Si certains d’entre eux comme Saïd Salhi (Laddh), Abdelouahab Fersaoui (RAJ) ou encore Me Salem Khatri (avocat) sont intervenus au CCDH, d’autres intervenants tels que Hassina Oussedik d’Amnesty International, le journaliste Ihsane El-Kadi et l’actrice Adila Bendimerad ont pu participer depuis Alger, par vidéoconférence en dépit de la mauvaise connexion.

Saïd Salhi, vice-président de la Laddh (aile Zehouane), a accusé le pouvoir politique d’avoir mis à profit, en 2020, la pandémie de coronavirus pour “s’en prendre aux animateurs du Hirak (…)”. La directrice d’Amnesty International Algérie, Hassina Oussedik, est revenue sur la campagne internationale en faveur des détenus d’opinion, entre autres Khaled Drareni. Quant au directeur de Maghreb Emergent et Radio M., Ihsane El-Kadi, il a évoqué la publication du décret exécutif régissant la presse électronique qui soumet, désormais, à l’agrément les publications en ligne. “Même du temps de l’imprimatur de 1994, nous n’avons pas eu un texte aussi humiliant”, a-t-il dénoncé.

Pour le bâtonnier de Béjaïa, Me Salem Khatri, 2020 est l’“année noire de la justice algérienne”. Pour lui, le seul principe à appliquer pour espérer un changement significatif, c’est celui de la séparation des pouvoirs. Le président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Abdelouahab Fersaoui, a critiqué le pouvoir qui, selon lui, refuse d’“aller vers un changement”, et “viole quotidiennement les libertés”, tout en lui reprochant d’accaparer “le discours du Hirak pour le vider de sa substance”. L’actrice, Adila Bendimerad, a estimé, quant à elle, que la question des femmes est “primordiale” avant de déplorer la position de certains militants qui ont déclaré, dès avril 2019, que la question de la femme n’est pas prioritaire.

M. OUYOUGOUTE