Sahara occidental : L’Algérie appelle à la relance du processus de règlement politique

Amnay Idir, El Watan, 07 décembre 2020

Notre projet de faire taire les armes ne saurait aboutir sans l’éradication des résidus du colonialisme en Afrique, conformément à la Déclaration des chefs d’Etat et de gouvernements de mai 2013 et de l’Agenda continental 2063 de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit, inaliénable, à l’autodétermination à travers un référendum libre et régulier au Sahara occidental.»

C’est ce qu’a déclaré, hier, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, dans son allocution aux travaux de la 14e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), selon des propos recueillis par l’APS.

Session en visioconférence qui s’est ouverte ce même jour à Johannesburg (Afrique du Sud) sous le thème «Faire taire les armes en Afrique». Pour le Premier ministre, les «graves» développements qu’a connus, récemment, la question sahraouie constituent un «réel motif de préoccupation et d’inquiétude» pour l’Algérie, du fait d’une inertie sans précédent et de l’absence de «toute perspective de règlement».

Il a rappelé à cette occasion la position de l’Algérie appelant à la «relance du processus de règlement politique en accélérant la nomination d’un représentant personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) et la reprise des négociations entre les deux parties en conflit». Dans cet esprit, il a exhorté l’UA à «assumer sa mission de préservation de paix et de sécurité africaines» conformément à l’Acte fondateur de l’Union et au Protocole relatif à la création du Conseil africain de paix et de sécurité «afin de contribuer à la recherche d’une solution à ce conflit, qui n’a que trop duré».

Par ailleurs, dans le cadre du principe constant de l’Algérie quant à l’impérative nécessité de mettre fin aux conflits dans le continent et dans le monde en général, le Premier ministre a appelé à «accélérer la définition et la délimitation des frontières entre les Etats et veiller au respect rigoureux du principe de l’UA sur la conformité des frontières héritées à l’indépendance», afin d’empêcher que ces frontières communes entre pays africains «ne se transforment en source de conflits et de menaces pour la sécurité et la stabilité» de la région.

Observant que «mettre un terme définitif aux conflits dans notre continent le cadre du principe ‘‘Solutions africaines aux problèmes africains’’ demeure l’objectif escompté», A. Djerad a relevé l’importance du «triptyque paix, sécurité et développement». Principe qui exige le traitement des «causes des menaces sécuritaires et conflits, essentiellement la marginalisation, la pauvreté, la privation, et l’absence de perspective réelles de développement».
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Une question qui interpelle l’ensemble du continent

De son côté, le président de la République sahraouie, Brahim Ghali, a appelé l’UA à faire pression sur le Maroc pour qu’il mette fin à «l’occupation militaire illégale» du territoire sahraoui. Il a indiqué que «la reprise de l’affrontement armé entre la République sahraouie et le royaume du Maroc depuis le 13 novembre» était survenue «suite à la violation flagrante et déclarée de l’accord de cessez-le-feu par le Maroc» de 1991.

Aussi, il a affirmé que «la puissance occupante marocaine persiste dans ses pratiques coloniales dans les parties occupées» de la République sahraouie, «y compris ses violations flagrantes des droits de l’homme perpétrées contre des civils sans défense, dans les circonstances marquées par la pandémie de Covid-19.

Le Sahara occidental est soumis à une répression systématique et à une grave négligence, comparable à une tentative de génocide, tandis que les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines sont confrontés à diverses formes de torture et d’indifférence».

Le président sahraoui a indiqué en la circonstance que «la puissance occupante continue également de piller massivement les ressources naturelles sahraouies et d’impliquer des parties étrangères dans un effort pour perpétuer le fait accompli représenté par l’occupation militaire illégale par un Etat africain de parties du territoire d’un autre Etat africain». Et d’ajouter : «Le conflit entre la République sahraouie et le royaume du Maroc est avant tout une question africaine.»

Et dans cette optique, il a appelé l’UA à «assumer sa responsabilité et à intervenir pour mettre fin à cette grave violation marocaine sans précédent qui, si elle n’est pas découragée, constituera un danger imminent pour les pays africains, car elle menace de saper un pilier fondamental de la paix, la sécurité et la stabilité sur le continent, à savoir le respect des frontières existant lors de l’accession à l’indépendance».

Brahim Ghali s’est dit également déçu par «l’échec de la communauté internationale à tenir ses promesses» quant au règlement du conflit et a accusé la France «d’influencer le Conseil de sécurité pour détourner le processus de paix de son objectif initial, portant ainsi atteinte au droit légitime et inaliénable de notre peuple d’établir son propre Etat sur l’ensemble de son sol national».