Procès Khalifa : L’Algérie nouvelle ne paye pas les anciennes factures

Salah Badis, Twala, 2 décembre 2020

A travers le compte-rendu du procès d’El Khalifa-Bank qui s’est tenu récemment à la Cour de Blida, « Twala » tente de reconstituer le puzzle de l’une des plus importantes affaires judiciaires en Algérie.

Toute personne qui ne connaît Abdelmoumen Khalifa qu’à travers ses photos dans les journaux, c’est-à-dire celles publiées avant 2007 ou du moins en 2003, celles d’un homme brun, un peu enveloppé, un début de calvitie avec une petite barbe en bouc, apparaissant toujours une oreille vissée au téléphone ou se montrant dans un avion, ne reconnaîtra pas celui qui se tenait devant le tribunal de Blida un matin de novembre 2020.

Il apparaît amaigri, avec dos légèrement courbé, il a perdu tous ses cheveux de la partie supérieure de son front. Il arbore un visage grisâtre, des joues qui se sont creusées et des yeux qui se sont affaissés sous le poids d’un front ridé. Sa voix est tremblotante mais acharnée, et sa main droite est dominée par un mouvement nerveux, qu’il soit debout ou assis, la passant plus d’une fois sur son front dégarni, tâtant les cheveux tombés et …l’aura dorée qui a disparu.

Des hommes d’un temps passé se sont tenus devant le tribunal correctionnel de Blida, entre le 8 et le 15 novembre. Qui ne connaît pas « l’affaire Khalifa »? Mais qui s’en souvient encore vraiment … Moi-même, je ne retiens de cette époque, au début des années 2000, que les agendas et les fournitures de bureau que j’ai eus grâce à un parent travaillant chez Al Khalifa Airlines. Et quant aux détails, aux chiffres et à l’argent, ce sont des choses que j’ignorais jusqu’à ce que je suive l’affaire.

Quelles sont les charges?

Avant de connaître les charges, il est à noter que la réouverture du dossier de Khalifa intervient après un pourvoi en cassation introduit par l’équipe de défense de Khalifa, représentée par l’avocat Marouane Medjhouda, devant la Cour suprême, après le jugement de 2015 de 18 ans d’emprisonnement à l’encontre du principal prévenu dans l’affaire Khalifa Bank: Rafik Abdelmoumen Khalifa, 54 ans.

Le dossier a été ouvert dans la Cour pénale de Blida et dans un tribunal dirigé par la juge Nadia Bouhamidi, tandis que le conseiller Talbi Zouheir représentait le parquet.

Quatre jours durant, le tribunal a entendu les déclarations du principal accusé, Abdelmoumen Khalifa, ainsi que des autres accusés, au nombre de douze. Et ce après le décès de l’accusé Ghazi Kabache, du notaire Rahal, ainsi que du témoin Mourad Medelci, ces dernières années.

Les chefs d’accusations – qui vont de l’abus de confiance, à la formation d’un groupe de malfaiteurs ainsi que la fraude et d’autres encore…- sont basés sur des faits, des documents et des témoignages, retranscris dans un dossier que le juge d’instruction a présenté au tribunal.

Une liste des chefs d’accusation les plus importants contre Abdelmoumen Khalifa peut en être extraite:

Primo, la falsification d’un contrat pour hypothéquer son établissement pharmaceutique dans la commune de Chéraga, en 1997, pour obtenir un prêt de la Banque pour le développement local (BDL) et lancer le projet d’Al-Khalifa Bank.

Deuxio, l’envoi d’un groupe d’assistants de Khalifa, à la création de la banque, pour faire le tournée des institutions publiques, et en particulier des succursales de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), pour les persuader de déposer leur argent auprès d’une agence Khalifa en contrepartie d’octroi d’avantages.

Tertio, le détournement de fonds colossaux – entre 1997 et 2003 – dans des opérations de transfert d’argent des agences de la Khalifa Bank vers la caisse principale de l’agence de Chéraga, et la preuve dans le dossier consiste dans les onze écritures bancaires faites au dernier moment pour justifier le déficit financier.

Ces trois étapes donnent les clefs nécessaires pour comprendre l’affaire Khalifa Comment a- t-il créé son entreprise, qui a apporté l’argent – ou qui ne l’a pas fait – puis (et c’est le plus important) comment a-t-il pu persuader des dizaines d’institutions publiques, dont l’argent appartenant à des travailleurs et des fonctionnaires dormait dans des banques publiques à de faibles taux d’intérêt, de le transférer à la banque « Khalifa », et enfin comment tout cet argent a-t-il pu disparaître?

Pour sa défense Abdelmoumen Khalifa, ponctuait ses phrases en disant: «Je crois en l’Algérie nouvelle aujourd’hui, madame la Présidente. Nous étions contre le deuxième mandat de l’ancien régime et même contre le premier, alors nous avons combattu et on nous a monté cette affaire. Aujourd’hui, nous sommes dans une Algérie nouvelle qui a été libérée. … »

Qu’en est-il du reste des accusés?

Les questions du juge et le représentant du ministère public adressées aux accusés (Il s’agit d’Abdelhafid Chaâchoua, Belaid Kechad, Idir Yassir, Ada Foudad, Abdelali Meziani, Ali Aoun, Ameziane Ighil, Mustapha Ben Hadi, Badreddine Chaâchouâ, Mahrez Ait Belkacem et Mustapha Sedrati), et plus particulièrement ceux qui travaillaient dans le groupe « Khalifa », tirés des rapports du juge d’instruction, se sont concentrés sur trois points, à savoir:

Premièrement, la participation de l’accusé à des visites dans les « OPGI » afin de les persuader à placer leur argent à El-Khalifa bank.

Deuxièmement, le déplacement des « co-accusés » auprès des les agences OPGI pour récupérer l’argent, que ce soit en tant que compagnons d’Abdelmoumen Khalifa ou seuls.

Troisièmement, des enquêtes générales concernant les sources de la fortune de chaque accusé, comparant leur richesse avant et après leur entrée dans le groupe de Khalifa.

Abdelhafid Chaâchoua appelé « Hafid », premier accusé à comparaître devant le tribunal, a été policier tout au long des années 1990 et il a été blessé pendant cette période. Il déclare qu’une relation familiale du côté maternel le lie à Khalifa et qu’il habitait Chéraga. Hafid explique qu’après avoir présenté sa démission à la police en 2000, il avait décidé de rejoindre le groupe « Khalifa » en 2001 en tant qu’agent de sécurité, après avoir été dans l’impossibilité d’obtenir l’approbation du ministère de l’Intérieur pour la création d’une société de sécurité privée qui louerait ses services à des entreprises.

Hafid Chaâchoua, qui est entré en prison dans la même affaire et en est sorti en 2015, était considéré comme l’un des proches associés d’Abdelmoumen Khalifa. Plus d’un témoignage étayent cette proximité, dont celui d’Aziz Djamel, directeur de l’agence d’El Harrach qui relate qu’il était venu avec Khalifa pour retirer une énorme somme d’argent.

Chaâchoua a pourtant nié tout lien avec les retraits de fonds, déclarant que ses tâches se limitaient à envoyer des équipes de sécurité pour escorter l’argent des agences à la caisse principale de Cheraga.

Lors de l’interrogatoire, le représentant du ministère public a révélé que l’épouse de Hafid travaillait également à la banque Khalifa, ainsi que sa sœur, et que son père -qui était également ancien policier- a rejoint la même agence (Blida) en tant qu’agent de sécurité. Aussi, son frère Badredine Chaâchoua (également accusé dans l’affaire), architecte, a rejoint le groupe en tant que consultant en construction. Les frères Chaâchoua ont déclaré à la Cour qu’ils avaient purgé une peine en prison et payé cher leur travail dans le groupe Khalifa. Ils avancent que leurs témoignages précédents relevaient de «l’ancien régime» et des menaces que tout le monde avait reçues dans cette affaire. Ils croient aujourd’hui en une « nouvelle Algérie » qui leur rendra justice.

L’autre prévenu est Belaid Kechad, ancien banquier et directeur de l’agence Blida. Il a admis s’être déplacé entre les bureaux de l’OPGI afin de les convaincre de transférer leur argent à la Khalifa Bank, mais que cela s’inscrivait dans le cadre de son travail de banquier. Le procureur a révélé que Belaid avait couvert un certain nombre des accusés actuels dans des affaires de prêts et en retirant de l’argent de comptes sans solde à Blida, y compris Ameziane Ighil (entraîneur de football et ancien joueur de Nasr Hussein Dey).

Il souligne également le fait que Belaid a déménagé à l’agence de l’hôtel Saint-Georges de la capitale quelques mois avant l’explosion de l’affaire en 2003, où, selon le juge d’instruction, il a contribué à la falsification d’écritures entre plusieurs sièges. Quant à Belaid, il dit qu’il avait démissionné pendant quelques mois avant de réintégrer l’agence du St. Georges, et que la fraude aurait eu lieu en son absence. Cependant, le représentant du ministère public a souligné que Belaid recevait un salaire malgré sa démission, à laquelle ce dernier a répondu: « « El Si Khalifa » m’a dit que j’étais l’un des cadres du groupe et qu’il ne pouvait pas me laisser sans salaire ».

Il y a également Adda Foudad, responsable de l’école de police de Chevaley, dont la fille travaillait à la banque, et qui a utilisé sa position et le tampon de l’école dans des transactions illégales, ainsi qu’Abdelali Meziani, directeur de la Caisse nationale de retraite (CNR), qui a transféré 4000 milliards de centimes à la Khalifa- bank sans réunir le conseil d’administration.

Aucune garantie sur les milliards d’assurances et de fonds de retraite

Le représentant du ministère public répète devant chaque dirigeant d’entreprise publique ou de fonds social, qu’il soit accusé ou témoin, la phrase suivante: «Si cet argent était à vous, vous ne vous y seriez pas aventurés, mais le fait est qu’il ne vous appartient pas, c’est la sueur des travailleurs ».

Des chiffres astronomiques ont été distillés dans les témoignages d’anciens dirigeants d’entreprises publiques et de fonds sociaux, qui ont témoigné devant le tribunal. Tous sont jeunes, vieux, retraités de longues années, certains sont décédés, et ils traînent toujours derrière eux le cas de Khalifa et les milliards qui ont disparu.

Belkadi Boualem, ex dirigeant de l’entreprise des activités maritimes, a mis 10 milliards de centimes dans la banque Khalifa en raison du taux d’intérêt de 10%. Cela s’est passé par l’entremise d’Ameziane Ighil et ils n’ont pu récupérer que 60 millions de centimes de cet argent.

Mourad Cherami, ancien responsable de la mutuelle des travailleurs de Sonelgaz, a également placé 10 milliards de centimes, avec un taux d’intérêt de 13%, mais cet argent n’a jamais pu être récupéré.

Mohamed Ameziane Mokrani, de la mutuelle de la sûreté nationale, a transféré des fonds communs de placement, dont le montant était de 23 milliards de centimes, en raison de l’intérêt qui atteint 14%.

Puis viennent les chiffres effarants des fonds sociaux dépendants du ministère du Travail: la Caisse nationale d’assurance sociale des salariés (Cnas): 1000 milliards de centimes, la Caisse nationale des retraités (CNR): 4000 milliards de centimes … C’est-à-dire que les responsables de ce fonds échangeaient avec l’argent de 2,3 millions de retraités affiliés à leur caisse à l’époque.

Convoqué, Aboudjerra Soltani, ancien ministre du Travail entre janvier 2000 et mai 2001, déclare que les transferts de ces fonds ne lui ont jamais été notifiés, le Conseil d’administration des caisses étant dirigé par une équipe composée aux deux tiers de personnes affiliées à la Centrale syndicale. L’accusé Mahrez Ait Belkacem s’avance pour souligner que le fonds qu’il gérait, la Caisse nationale d’assurance chômage, avait rédigé une correspondance au ministère, sauf qu’Aboudjerra soutient que c’était peut-être après avoir quitté le ministère car aucune correspondance ne lui était parvenue.

Une question nous interpelle: pourquoi l’ancien secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, n’a-t-il pas été convoqué, dans la mesure où les deux tiers de tous les conseils d’administration des fonds sociaux étaient des cadres affiliés à l’organe qu’il dirigeait depuis plus de 20 ans?

Le représentant du ministère public révèle, par ailleurs, les chiffres colossaux transférés à partir des succursales des OPGI, qui ont servi de base au lancement de la banque. Il s’agit, entre autres montants de 60 milliards de centimes de l’agence de Mascara, 62 milliards de centimes de l’OPGI de Sidi Belabbès, 167 milliards de centimes de l’OPGI de Constantine et 55 milliards de centimes de l’OPGI d’Ouargla. A cela s’ajoutent également les 130 milliards de centimes de l’hôtel Aurassi et 1400 milliards de centimes du Fonds national de péréquation des œuvres sociales (FNPOS). Tout cet l’argent n’a pas été remboursé.

Le ajoute que bien que seules cinq agences d’El Khalifa-bank disposaient de l’agrément pour la pratique du commerce extérieur, toutes les agences (au nombre de 60) pratiquaient illégalement le commerce extérieur, de sorte que la banque a créé à Paris une agence de représentation extérieure sans accréditation.

Khalifa reconstruit l’Algérie

Dans ce procès qui a duré une semaine, l’on apprend notamment certains détails sur le mode gestion de ce qu’on appelait alors «l’Empire Khalifa» : Abdelmoumen et son entourage évoluaient selon la logique de la compensation étatique partout où celui-ci était absent ou inactif dans les domaines de l’investissement

Il est évoqué, par exemple, un projet de construction d’une unité de dessalement d’eau de mer avec un partenariat français ainsi que la prise de contact avec le célèbre architecte Ricardo Bofill pour le relancement du projet de la nouvelle ville de Boughezoul (400 km au sud de la capitale), qui remonte à l’époque du président Houari Boumediene

Quant au sport, et plus particulièrement le football, dossier dans lequel un autre prévenu, l’ancien joueur d’el Nahd d’Hussein Dey, Ighil Ameziane, est impliqué, on entend donc Khalifa dire que l’Algérie était dans une situation difficile à cause des dettes du Fonds monétaire international, qui restreignent les dépenses de l’Etat et en réduisent tout ce qui touche au sport et la culture. Pour cette raison, il a décidé d’adresser une aide financière à toutes les associations de football (avant d’entrer dans la ligue professionnelle algérienne). L’autre projet annoncé mais jamais mis en œuvre est le film algérien mettant en vedette le français Gérard Depardieu.

Entre l’expert et le liquidateur

L’expert financier Abdelhamid Foufa et le liquidateur Moncef Badsi, sont deux hommes dans les soixante-dix ans qui se ressemblent physiquement : tous deux sont petits de taille, arborant des cheveux blancs et une petite bedaine. Tous deux constituent des parties externes auxquelles il a été fait appel après le «désastre». Tous deux portent un vieux cartable en cuir et des dizaines de dossiers, et tous deux répètent les détails de l’affaire la plus célèbre de l’Histoire du pays, avec la patience d’un moine et la précision d’un comptable.

Foufa, l’expert financier a été désigné par le juge d’instruction en 2004, pour deux tâches principales: 1- Rédaction d’un rapport sur la caisse spéciale de l’agence de banque Khalifa à Cheraga, 2- Rédaction d’un rapport sur les agences suspectes de la banque. Foufa explique le fonctionnement de toute banque comme suit: « La banque comporte deux parties. D’une part, le commerce, qui représente tout ce qui concerne le mouvement des fonds, et d’autre part, la comptabilité qui fonctionne avec des papiers et des documents et non pas avec de l’argent, et entre les deux il y a la caisse principale. »

Il poursuit : « Le commerce et la comptabilité sont répartis entre les succursales ou les agences de la banque, et à la fin de chaque journée, l’agence envoie son argent à la caisse principale avec ce qu’on appelle des écritures entre sièges, en abrégé EES. » Ce qui nous amène au cas d’El-Khalifa bank: «Lorsque l’agence envoie l’argent avec l’écriture, elle attend qu’une autre lettre arrive de la caisse principale, et si le fonds ne revient pas, l’argent reste en suspens pour les agences.

De nombreuses agences ont envoyé de l’argent et des lettres sans réponses … Leur argent a été suspendu pendant des années. Par conséquent, lorsque la question a été révélée en 2003, les responsables du fonds principal ont été contraints à créer 11 écritures entre les sièges pour remplacer des écrits qui n’existaient pas auparavant. « Cela signifie-t-il qu’il y a un vide dans la caisse principale? Foufa répond: « J’ai trouvé un écart de 3,273 milliards de dinars dans le fonds principal. Il ajoute: « J’ai remarqué qu’il y avait une grande anarchie dans la gestion entre les agences et la caisse principale. Certains employés considéraient qu’une banque privée signifiait que son propriétaire pouvait disposer de l’argent à sa guise. »

En réponse aux propos d’Abddelmoumen Khalifa, selon lesquels les 11 écritures entre les sièges paraissent falsifiées car elles portent sur des devises telles que le franc français, qui sont sorties du marché en 2001, alors que les écrits ont été achevés en 2003, Foufa dit: «Les écrits sont contrefaits parce qu’ils n’ont pas été faits à la date indiquée, elles n’ont été faites que pour couvrir la rapine mais c’était déjà trop tard. Mais la présence du franc français est normale, car les fonds des agences pillées remontent à avant 2001, à une époque où le franc était en vigueur ».

Quant au liquidateur Badsi, qui tente d’administrer l’héritage empoisonné du groupe Khalifa, il déclare au tribunal que le taux de liquidation était de 14% (c’est-à-dire que 14% des fonds avaient été récupérés et le même pourcentage a été versé aux personnes touchées), et souligne que le dossier n’a pas été suivi par les autorités, qu’il y avait des retards et des préjudices majeurs qui pourraient atteindre les 77 milliards de dinars.

Badsi a également révélé qu’il y a plus de 2 000 clients, pour la plupart à l’étranger, qui ne sont pas venus récupérer leur argent malgré ses contacts avec eux. Il ajoute que certains politiciens font des déclarations populistes comme dans le secteur agricole, disant, par exemple, que l’État garantira l’effacement des dettes, de sorte que ni les agriculteurs ni l’État ne versent l’argent.

Badsi parait comme s’il devait gérer un héritage empoisonné, car c’est lui qui est venu après le premier liquidateur, Mohamed Djellab, que Khalifa décrivait comme un «serviteur de l’ancien régime, qui a mis en faillite une banque prospère et qui a ensuite été récompensé par un poste de ministre».

Sauf que le procureur général, ainsi que l’expert financier Foufa, ont vu dans que ce que les accusés appellent «l’ancien régime» tout le contraire, c’est-à-dire qu’il soutenait le groupe Khalifa et qu’il contribuait à sa prospérité.

La nouvelle Algérie ne croit pas à Khalifa

Une semaine après le début du procès, le dimanche 15 novembre 2020, et après que le procureur général ait requis la perpétuité à Abdelmoumen Khalifa ainsi que sa privation de ses droits civiques pour une période de 10 ans et des peines allant de 20 ans (les frères Chaâchoua) à 4 ans (Mahrez Ait Belkacem et Abdelali Meziani), le juge a confirmé la peine de 18 ans d’emprisonnement contre le principal accusé Abdelmoumen Khalifa, à la surprise générale de la presse et du comité de défense, après que des rumeurs aient circulé – une semaine durant – dans la Cour de Blida selon lesquelles le procès de Khalifa était de pure forme cette fois-ci, et qu’il sera libéré

A la lecture du reste des décisions (Abdelhafid Chaâchoua 8 ans ferme, Ighil Ameziane 3 ans ferme, Kechad Belaid 8 ans ferme, Idir 5 ans ferme, Adda Foudad 3 années ferme, Meziani Abdelali une année en sursis, Ali Aoun une année en sursis, Benhadi Mustapha, deux ans en sursis, Chapachoua Badreddine, 4 ans ferme), il est apparu aux présents que la « Nouvelle Algérie » n’est pas prête à payer les « anciennes » factures, et que l’équipe de défense qui a joué sur plusieurs cordes évoluait en réalité dans le même cercle

Mais les verdicts, et les charges prouvées contre la plupart des accusés (Mahrez Ait Belkacem et Messaoud Sedrati ont été acquittés) lors de ce troisième procès de l’affaire Khalifa-Bank n’a pas donné une réponse claire à la question principale de l’affaire: « Où est l’argent? ».