Il exprime ses inquiétudes quant à la situation politique du pays : Le FFS appelle à une convention nationale

Mokrane Ait Ouarabi, El Watan, 24 novembre 2020

Le FFS relève l’immobilisme «insupportable» du pouvoir qui «laisse entrevoir de très sombres perspectives pour notre pays si des actions concrètes et urgentes ne sont pas entreprises».

Le Front des forces socialistes (FFS) exprime ses vives inquiétudes quant à la situation politique du pays. Dans une déclaration de sa direction nationale, rendue publique hier, le plus vieux parti de l’opposition considère que «le pays est à la croisée des chemins» et que «la crise que traverse le pays ne cesse de s’accroître», prenant «des proportions de plus en plus inquiétantes».

Le parti du défunt Hocine Aït Ahmed relève dans ce contexte «l’opacité du système de décision au plus haut niveau de l’Etat, qui masque des luttes claniques pour le contrôle du pouvoir». Pour ce parti de l’opposition, «cette opacité compromet gravement la sécurité nationale et ouvre la voie à tous les risques et à toutes les ingérences».

Le FFS constate l’immobilisme «insupportable» du pouvoir qui «laisse entrevoir de très sombres perspectives pour notre pays si des actions concrètes et urgentes ne sont pas entreprises».

Cette formation politique estime que le refus du pouvoir de toute solution politique en dehors de son agenda ne fait qu’aggraver la situation. «Tout changer par le verbe pour que rien ne change dans les actes.

Telle semble être la nouvelle devise du régime», affirme le FFS, qui critique vivement le gouvernement qui n’aurait pas su gérer, entre autres, la crise sanitaire et ses répercussions socioéconomiques.

Le plus vieux parti de l’opposition met ainsi en garde contre «cette gestion autoritariste et ces fuites en avant successives d’un régime allergique au changement et qui constitue un danger permanent pour le pays».

Car, «tenter de restaurer un système rétrograde en faillite en imposant une nouvelle façade institutionnelle ne peut relever qu’au mieux d’une cécité politique et au pire de l’irresponsabilité».

Le FFS appelle dans ce contexte à «mettre fin à la gestion sécuritaire et liberticide de la société». Il revendique la primauté du politique sur le reste, considérant qu’il n’est pas encore trop tard pour aller vers une solution pérenne à la crise qui secoue le pays.

Il fait état de l’urgence d’engager «un dialogue politique sincère, responsable et inclusif avec toutes les forces vives de la nation, dans un climat apaisé, d’ouverture politique et médiatique».

Pour ce parti, «seule une solution politique globale et démocratique permettra l’avènement d’institutions légitimes, stables et pérennes, capables de mobiliser nos concitoyens pour faire face aux défis économiques et sociaux».

Le FFS lance l’initiative d’une convention nationale «qui rassemblera, dès que les conditions seront réunies, les acteurs politiques et les représentants de la société civile, pour débattre de la situation du pays et convenir ensemble d’un programme commun de sortie de crise».

Sur le plan régional, le FFS se dit «profondément préoccupé» par le recours aux armes dans les territoires du Sahara occidental et les tensions qui prévalent dans de nombreuses zones de conflits dans notre région.

Il estime qu’il serait «illusoire», pour l’Algérie comme pour tous les pays de notre région, d’espérer parvenir à «des solutions pérennes par l’appui conjoncturel des puissances étrangères, dont les contreparties politiques et économiques risquent d’être lourdes de conséquences».