Élaborée dans un contexte de crise: La loi de finances 2021 adoptée hier par l’APN

S. R., El Watan, 18 novembre 2020

Le texte prévoit une légère accélération en 2021 pour atteindre 4,5%. Le déficit budgétaire prévu pour l’année 2021 devra augmenter à 13,57% du produit Intérieur brut (PIB).

Le projet de loi de finances 2021 a été adopté à la majorité hier par l’Assemblée populaire nationale. Prenant la parole après le vote, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a souligné qu’en dépit de «la conjoncture difficile et inédite que traverse le pays suite à la chute des prix du pétrole et la crise sanitaire actuelle, le gouvernement vise, à travers les dispositions de ce texte, à préserver, autant que possible, le pouvoir d’achat du citoyen, protéger la catégorie vulnérable et créer une dynamique d’investissement à même de hisser le niveau de la production et de renforcer les démarches de diversification de l’économie».

La loi de finances 2021, qui n’attend que l’approbation du Sénat et le paraphe du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4%, après un recul de 4,6%, selon les estimations de clôture pour l’exercice 2020.

Concernant la croissance hors hydrocarbures, elle devrait atteindre 2,4% en 2021, 3,37% en 2022 et 3,81% en 2023.

Les dépenses budgétaires totales prévues passeront de 7372,7 milliards de dinars dans la LFC-2020, à 8113,3 milliards en 2021 (+10%), pour atteindre 8605,5 milliards en 2022 (+6,07%), puis 8680,3 milliards en 2023 (+0,9%).

Ces prévisions portent sur le budget de fonctionnement qui connaîtra une hausse de 5,1% durant la période 2021-2023, pour atteindre 5314,5 milliards de dinars en 2021 (+11,8%), puis 5358,9 milliards en 2022 (+0,8%), ensuite 5505,4 milliards en 2023 (+2,7%). Quant aux dépenses d’équipement, elles s’élèveront à 2798,5 milliards de dinars en 2021 (+ 6,8%), à 3246,6 milliards en 2022 (+16,01 %) et baisseront à 3174,9 milliards en 2023 (- 2,2 %).

Légère inflation prévue en 2021

Le déficit budgétaire prévu pour l’année 2021 devra augmenter à 13,57% du PIB, contre 10,4% au titre de la LFC-2020.

Pour l’inflation, la loi de finances 2021 prévoit une légère accélération en 2021 pour atteindre 4,5%. Au-delà des chiffres alignés dans le texte de la loi de finances 2021, la question qui se pose est de savoir comment le gouvernement compte combler les déficits annoncés et financer l’investissement.

La réponse a été donnée par le ministre des Finances, qui répondait jeudi dernier aux préoccupations des députés. Pour Aymen Benabderrahmane, la solution viendra à travers l’application des mécanismes de la politique monétaire, stipulés dans la loi, en concertation avec la Banque d’Algérie.

Elle consiste à utiliser une partie des réserves et affectations constituées par la Banque centrale. Pas seulement.

Il est également préconisé «le placement d’une partie des fonds propres de la Banque d’Algérie en bons du Trésor, conformément à l’article 53 de l’ordonnance n°03-11 relative à la monnaie et au crédit, en sus de la dynamisation du marché des bons du Trésor à travers le rachat d’importants crédits bancaires communs, et le refinancement des bons du Trésor émis en contrepartie du rachat de ces crédits bancaires communs».

Selon lui, faut-il rappeler, ladite opération de refinancement exige l’adaptation du règlement de la Banque d’Algérie au contexte économique et financier actuel.

Chose qui garantira, expliquait-il, «la liquidité nécessaire en faveur des banques pour financer l’économie et, partant, permettra au Trésor de drainer une grande part de cette liquidité, dans le cadre de l’activité ordinaire du marché des valeurs du Trésor».

Aymen Benabderrahmane, qui soulignait que l’objectif était d’alléger les pressions sur le Budget de l’Etat et les finances publiques, a affirmé que le gouvernement recourra aussi «au mécanisme de partenariat entre les secteurs public et privé, comme une des procédures visant à financer des investissements, financés jusqu’ici à partir du Budget de l’Etat, à travers les ressources du marché».

Le premier argentier du pays a, par ailleurs, évoqué l’éventuel recours «aux financements étrangers pour des projets jugés stratégiques et/ou prioritaires afin d’alléger la pression sur le secteur bancaire national, ainsi que l’élargissement du champ d’investissements privés nationaux et l’ouverture aux investissements directs étrangers grâce à l’annulation de la règle 51/49.

Ce n’est pas les seuls leviers sur lesquels compte s’appuyer le gouvernement, qui a mis l’accent sur l’importance de développer les autres outils bancaires et traditionnels de financement à travers le marché financier (la Bourse) et la finance islamique.