Accusé «d’incitation à attroupement» et «atteinte à la sécurité de l’état» : L’étudiant Kaïs Ould Amar placé sous mandat de dépôt

Madjid Makedhi, El Watan, 18 novembre 2020

L’étudiant et membre actif du hirak estudiantin Kaïs Ould Amar a été placé, hier tôt dans la matinée, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Cherchell, dans la wilaya de Tipasa.

Il est accusé, selon le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD), d’«incitation à attroupement» et «atteinte à la sécurité de l’Etat».

Selon la même source, ce jeune s’était rendu, jeudi 12 novembre, à la brigade de cybercriminalité de Tipasa qui l’avait convoqué la veille. Sur place, il a été arrêté et placé en garde à vue. Le lendemain, vendredi 13 novembre, des gendarmes ont effectué une perquisition au domicile familial à Gouraya. Sa garde à vue a été alors prolongée de plusieurs jours. Il n’a été présenté devant le procureur du tribunal de Cherchell que lundi passé. Ce dernier a transféré son dossier au juge d’instruction, qui l’a auditionné jusque tard dans la soirée de lundi. Le magistrat a décidé, vers 2h du matin, selon le CLND, de le placer sous mandat de dépôt.

Pour rappel, Kaïs Ould Amar a été interpellé plusieurs fois durant les manifestations du hirak en 2019. Son nom s’ajoute à la longue liste des détenus d’opinion, qui compte plus de 80 activistes et militants politiques, dont les procès tardent à être programmés.

Toujours selon le CNLD, plusieurs détenus arrêtés en 2019 attendent à ce jour leur jugement. Parmi eux, il y a un autre étudiant, en l’occurrence Walid Kechida, arrêté en novembre 2019 à Alger, Rachid Nekkaz arrêté le 4 décembre 2019 aussi à Alger, Yacine Doubi Bounoua en détention depuis le 26 décembre 2019 à Relizane, Menad Larbi (26 novembre 2019), Abdellah Benaoum (9 décembre 2019) et Yacine Khaldi (9 décembre 2019).

Durant l’année en cours, rappelons-le, les prisons du pays ont été remplies aussi de détenus d’opinion. Au moins 26 wilayas sont concernées par les détentions, dont certaines, à l’image d’Alger, Adrar, Bordj Bou Arréridj, Boumerdès, comptent plus de 10 prisonniers d’opinion. Ces derniers attendent également la programmation de leurs procès qui tardent à avoir lieu.