Entre report et programmation des procès de détenus d’opinion

La demande de libération de Khaled Tazaghart rejetée

Nabila Amir, El Watan, 09 novembre 2020

Prévu hier matin, le procès en appel de l’ex-député Khaled Tazaghart a été renvoyé par la cour de Béjaïa à la semaine prochaine, soit dimanche 15 novembre.

Plusieurs procès d’acteurs politiques, militants et détenus du hirak ont été programmés hier dans de nombreuses villes du pays. Certains se sont tenus, alors que d’autres ont été reportés à des dates ultérieures.

Prévu hier matin, le procès en appel de l’ex-député Khaled Tazaghart a été renvoyé par la cour de Béjaïa à la semaine prochaine, soit dimanche 15 novembre.

La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme avait demandé la libération immédiate et inconditionnelle du militant, car elle considère qu’il s’agit là d’une grave atteinte à l’une des normes d’un procès équitable.

Toutefois, hier, et selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), la demande de libération introduite par la défense a été rejetée par la même juridiction.

Arrêté le 26 septembre à Béjaïa, au lendemain d’une marche organisée à Kherrata en solidarité avec les détenus, cet ancien député du Front El Moustakbal de la wilaya de Béjaïa a été placé en garde à vue et condamné le lendemain, en comparution immédiate, à un an de prison ferme avec mandat de dépôt. Le parquet avait requis un an de prison ferme et 100 000 DA d’amende.

La célérité avec laquelle ce dossier avait été traité a suscité moult interrogations. Khaled Tazaghart, qui avait démissionné de l’APN au lendemain du mouvement populaire du 22 février, est poursuivi pour «incitation à attroupement non autorisé» , «publication qui touche à l’ordre public» et «violation de confinement sanitaire».

A Constantine, le verdict est tombé hier dans le procès en appel du journaliste détenu Abdelkrim Zeghileche. Accusé d’«atteinte à la personne du président de la République» et «publications Facebook pouvant porter atteinte à l’unité nationale», ce journaliste a été condamné à un an de prison, dont 6 mois de prison ferme et 6 mois de sursis, assortie d’une amende de 50 000 DA.

Lors de son procès en appel tenu le 25 octobre dernier à la cour de Constantine, le parquet avait demandé l’aggravation de la condamnation à l’encontre du journaliste et militant de perspectives algériennes, le procureur avait requis 3 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA. Zeghileche quittera la prison fin décembre prochain.

Le procès contre l’activiste de Guelma Fatima Boudouda s’est tenu hier après plusieurs renvois, le parquet a requis 6 mois de prison ferme et une amende de 100 000 DA dans une premier procès, et dans le deuxième, elle a été condamnée à une amende de 300 000 DA.

Cette militante du hirak est accusée d’«incitation à attroupement» et «atteinte à la personne du président de la République». Le verdict est attendu également pour le 15 de ce mois.

A Tissemsilt, Mostaghanem comme à Sétif ou à Chlef et Alger, plusieurs procès ont été renvoyés à la mi-novembre et décembre. C’est le cas de celui de l’activiste Ferad Benaissa, dont le procès est reporté à l’audience du 6 décembre alors qu’il était initialement programmé pour l’audience d’hier, après les renvois du 8 et 27 septembre à la cour de Tissesmsilt.

Pour rappel, Ferad Benaissa a été arrêté le 21 juin dernier, puis présenté en comparution immédiate le lendemain. Il a été condamné à un an de prison ferme sans mandat de dépôt et une amende de 100 000 DA.

Par ailleurs, plusieurs détenus, à l’instar de Mahdi Laloui de Biskra, placé sous mandat de dépôt, attendent depuis des mois la programmation de leurs procès, dont de nombreux étudiants accusés d’«incitation à attroupement non armé».