Couvre-feu à 20h et rentrée universitaire reportée : Le gouvernement évite le confinement général

Hocine Lamriben, El Watan, 09 novembre 2020

Le gouvernement n’envisage visiblement pas de confinement général à court terme, malgré la flambée inquiétante des contaminations et les appels au secours des soignants. En dehors du report de la rentrée universitaire, il opte pour des mesures intermédiaires qui risquent de n’avoir que très peu d’effet sur la situation sanitaire.

Le couvre-feu débutera demain soir à partir de 20h, au lieu de 23h, et prendra fin à 5h. Neuf wilayas sont concernées par ces mesures, selon un communiqué de presse des services du Premier ministère. Il s’agit de Guelma, Adrar, Illizi, Tindouf, Tissemsilt, El Oued, Khenchela, Tipasa et Aïn Témouchent.

Le gouvernement a annoncé, hier, de nouvelles mesures pour faire face à la recrudescence de la pandémie de Covid-19.

Le Premier ministre a décidé de prolonger le confinement partiel à domicile de 15 jours supplémentaires, à compter de demain mardi, et d’aménager les horaires du confinement.

Le couvre-feu débutera à partir de 20h, au lieu de 23h, et prendra fin à 5h. Neuf autres wilayas sont concernées par ces mesures, selon un communiqué de presse des services du Premier ministère.

Il s’agit de Guelma, Adrar, Illizi, Tindouf, Tissemsilt, El Oued, Khenchela, Tipasa et Ain Témouchent. La liste des wilayas concernées par la mesure de confinement partiel à domicile passe de 20 à 29 wilayas.

«Les walis peuvent, après accord des autorités compétentes, prendre toutes les mesures qu’exige la situation sanitaire de chaque wilaya, notamment l’instauration, la modification ou la modulation des horaires de la mesure de confinement à domicile partiel ou total ciblé d’une ou de plusieurs communes, localités ou quartiers connaissant des foyers de contamination», a précisé la même source.

L’Exécutif a décidé aussi de fermer tous les marchés de voitures pour une durée de 15 jours à partir de demain, d’interdire les rassemblements publics et familiaux, de reporter la rentrée universitaire et celle de la formation professionnelle au 15 décembre prochain.

Le transport collectif des personnes interwilayas demeure toujours interdit. Il est aussi question d’intensifier des opérations de nettoyage et de stérilisation des espaces et édifices publics, des contrôles «inopinés» dans les écoles, les mosquées et les commerces pour vérifier l’application des mesures anti-Covid-19.

Après plusieurs semaines de lente décrue des infections, la tendance est de nouveau à la hausse, mettant sous pression le fonctionnement de plusieurs hôpitaux. Ainsi, plus de 2000 décès ont été recensés depuis l’enregistrement dans le pays du premier cas le 25 février et plus de 62 000 cas ont été officiellement déclarés, selon les autorités. Les spécialistes et les officiels évoquent le début d’une deuxième vague.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, jeudi dernier, que «l’Algérie fait face à la deuxième vague qui risque d’être très grave et plus féroce». «Nous allons tout faire pour contenir cette pandémie mondiale. L’Algérie a su contenir la situation sans dysfonctionnement aucun en termes de gestion», a-t-il estimé, imputant la recrudescence des cas de ces derniers jours à «une baisse de la vigilance et au non-respect des règles essentielles mises en place par le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie suite à la reprise des différentes activités commerciales, la rentrée scolaire et les salles de prière».

Et de mettre en garde : «Dans le cas d’une évolution négative de la situation, des mesures plus strictes seront prises par les pouvoirs publics dans les prochains jours, à l’instar de certains pays développés qui font face à une nouvelle vague de ce virus.»

Fin octobre, le Premier ministre avait déploré «un relâchement de la vigilance qui ne contribue pas à la maîtrise de la situation sanitaire, laquelle continue de dépendre de la discipline de chacun d’entre nous pour éviter sa dégradation, et l’éventuel recours à d’autres mesures de confinement total ou partiel à domicile et/ou à des restrictions des activités économiques et sociale».

Le gouvernement s’inquiète surtout des conséquences du «relâchement», mais aussi de la reprise relative de l’activité économique et de la rentrée scolaire. Le ton est tout aussi à l’inquiétude chez les parents et les syndicats de l’éducation face à la hausse des cas de contamination au coronavirus.