Le général à la retraite Hocine Benhadid acquitté

Accusé d’atteinte au moral de l’armée

Liberté, 8 novembre 2020

Le général à la retraite avait été clairement réhabilité, en amont, par l’institution militaire à deux dates-anniversaires symboles, à savoir le 5 Juillet et le 1er Novembre.

Le général à la retraite, Hocine Benhadid, est blanchi de toutes les accusations retenues contre lui, soit atteinte à corps constitués et tentative de démoralisation des troupes de l’armée. La décision afférente à son acquittement a été rendue, jeudi, par le président de la chambre pénale près le tribunal de Sidi M’hamed.

Ce verdict marque indubitablement la fin des tourments judiciaires de l’ancien haut gradé de l’ANP, même si le parquet, qui avait requis une amende de 100 000 DA lors du procès le 22 octobre dernier, utilise son droit à faire appel auprès de la Cour d’Alger.

Hocine Benhaddid avait été clairement réhabilité, en amont, par l’institution militaire à deux dates-anniversaires symboles de la mémoire collective, le 5 Juillet (jour de l’indépendance) et le 1er Novembre (commémoration du déclenchement de la guerre de Libération nationale).

Il a été convié aux cérémonies, présidées par le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Saïd Chanegriha, au Cercle militaire de Béni Messous, en l’honneur de hauts cadres de l’armée, en activité et à la retraite, et de hauts responsables de l’État. Il apparaissait en fauteuil roulant au premier rang sur les photos-souvenirs des deux événements.

Dès sa remise en liberté provisoire le 2 janvier 2020, le général à la retraite a bénéficié d’un transfert pour des soins en France sur instruction du haut commandement de l’institution qu’il avait servie durant quatre décennies — il se remet difficilement d’une fracture au bassin mal consolidée, conséquence d’une chute dans sa cellule à la prison d’El-Harrach.

Souffre-douleur du défunt chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, Hocine Benhaddid, 76 ans, a passé deux longs séjours au centre pénitentiaire d’El-Harrach pour l’avoir accusé de vouloir coopter Saïd Bouteflika à la magistrature suprême (2015), puis de ne pas être à l’écoute du peuple en insurrection (mai 2019).

Il a été arrêté, puis placé sous mandat de dépôt au début du mois d’octobre 2015 pour “participation à une entreprise de déstabilisation de l’institution militaire”. Les faits ont été requalifiés en “outrage à corps constitués”.

Il bénéficie du régime de la liberté conditionnelle pour raisons de santé, en juillet 2016, après plus de 300 jours de détention préventive. Dans cette première affaire, il avait été condamné, en première instance, à une année de prison avec sursis assortie d’une amende de 20 000 DA.

Le 12 mai 2019, le général à la retraite est à nouveau interpellé par les services de sécurité et placé en détention préventive, à la suite de la publication d’une lettre ouverte au général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah dans les colonnes du quotidien El Watan. Il est remis en liberté provisoire le 2 janvier 2020.

Souhila H.