Plus de 120 décès et 7000 personnes atteintes de Covid-19 : Le cri d’alarme des médecins

Asma Bersali, El Watan, 01 novembre 2020

Depuis le début de la pandémie,129 professionnels de la santé ont perdu la vie suite à leur contamination au nouveau coronavirus. Les deux tiers sont des médecins. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique ne cache pas son inquiétude quant à l’absence de moyens de protection dans les hôpitaux de la République.

Sous pression depuis le début de la pandémie de Covid-19, le personnel médical et paramédical ne cesse d’encaisser des pertes au quotidien.

Avec l’augmentation du nombre de cas testés positifs, la crainte des blouses blanches est palpable. Depuis le début de la pandémie, 129 professionnels de la santé ont perdu la vie suite à leur contamination au nouveau coronavirus, les deux tiers sont des médecins.

Dans cette guerre contre ce virus, le nombre de contaminés est nettement plus important. Il dépasse les 7500 personnes atteintes, tous corps confondus. Avant-hier, vendredi, le personnel médical a perdu la jeune infirmière Abla Bensaada, 28 ans, employée de l’EPH de Jijel.

Elle a été précédée 3 jours avant par sa collègue Nadji Ahlam de l’EPH Houari Boumediene à Sedrata, dans la wilaya de Souk Ahras. Beaucoup de médecins, d’infirmiers, d’ambulanciers et autres membres de la famille médicale ont été emportés par le coronavirus.

Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), source de ces données, ne cache pas son inquiétude, notamment concernant l’absence de moyens de protection dans les hôpitaux de la République. «Nous sommes en alerte. La situation est inquiétante et les chiffres des contaminations au sein des professionnels de la santé ne cesseront d’augmenter.

Cela est systématique avec la hausse des cas confirmés de Covid-19 parmi la population», déclare le Dr Lyes Merabet, président du SNPSP.

Il dénonce, à cette occasion, le manque flagrant de matériel de protection du personnel médical, notamment les sur-blouses, les visières et les masques FFP12 et N95. «Ces masques sont adaptés et conçus spécialement pour le personnel médical en confrontation directe avec les sujets atteints de ce virus. Ils ne sont pas disponibles depuis des mois.

Ceci, sans compter les masques chirurgicaux qui sont indispensables, notamment pour les accompagnateurs de patients et le personnel annexe, qui n’est pas en contact continuel avec les malades», ajoute notre interlocuteur qui appelle les autorités du pays à réagir vite et de palier à ce manque, notamment en cette période de 2e vague de contaminations qui n’est pas si loin.

«C’est aujourd’hui une urgence nationale. Nous demandons notre dotation de moyens pour faire notre travail correctement mais aussi pour nous protéger», conclut-il.

Sur cette même lancée, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens et membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la Covid-19, a relancé ses appels à la vigilance et au respect des gestes barrières, notamment le port de la bavette et la distanciation sociale.

Dans le volet de la prise en charge des patients, il a appelé à l’affectation d’un établissement hospitalier complet dans chaque grande wilaya au traitement de la Covid-19. «Affecter des services seulement n’est plus suffisant à plus d’un titre.

En plus de l’insuffisance des lits, il y a le problème de la paralysie des autres services pour cause de la présence de cette pandémie. Le personnel médical a peur d’être contaminé et les patients ne viennent pas pour la même raison.

Donc, il serait plus judicieux de mobiliser toute la structure hospitalière au service des malades de Covid-19 et libérer les autres établissements qui vaqueront à leurs activités médicales ordinaires», souligne le Dr Bekkat Berkani qui ne cache pas son inquiétude par rapport à la hausse des cas quotidiennement. La prise des mesures de prévention est plus qu’obligatoires.