Tribunal de Tipasa: Zoukh bénéficie d’un nouveau et dernier report

Abla Chérif, Le Soir d’Algérie, 28 octobre 2020

Le tribunal de Tipasa a reporté au 17 novembre prochain le procès de l’ancien wali d’Alger. Ce dernier devait comparaître, hier, en qualité d’inculpé pour des charges qui ont été retenues contre lui dans les dossiers des hommes d’affaires Ali Haddad et Mahieddine Tahkout.
Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La demande de report a été introduite par la défense de l’accusé qui a requis un délai supplémentaire pour l’étude du dossier de son client. Le président du tribunal a, cependant, tenu à avertir qu’il venait d’accepter pour la dernière fois le renvoi du jugement de cette affaire et que le procès se tiendra à la date fixée.
Avant cela, le 3 novembre prochain, Abdelkader Zoukh devra cependant comparaître devant la même juridiction pour être jugé dans le dossier de Abdelghani Hamel et de sa famille. Comme dans l’affaire Haddad et Tahkout, il est poursuivi, entre autres, pour octroie d’indus avantages, mauvaise utilisation de sa fonction, corruption et pots de vin…
Après son audition par les juges d’instruction de la Cour suprême, Zoukh avait été placé trois fois de suite sous contrôle judiciaire. Il avait également fait l’objet d’un retrait de ses documents de voyage et d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN).
Depuis juillet 2019, l’ancien wali d’Alger a été soumis à une procédure, qu’ont également connue plusieurs ex-hauts responsables laissés sous contrôle judiciaire, et qui consiste à se déplacer chaque mois pour signer un procès-verbal devant le juge qui instruit dans son dossier.
Le nom de Zoukh a été également cité dans l’affaire Condor, mais l’instruction du dossier a débouché sur sa relaxe par le juge qui a conclu à son innocence dans les faits qui lui étaient reprochés. Ce qu’il faut également savoir c’est que tous les anciens responsables et hommes d’affaires cités dans les affaires dans lesquelles l’ancien wali d’Alger comparaîtra ont été déjà jugés et condamnés.
C’est le cas de l’ex-patron de la DGSN condamné à dix ans en appel après avoir été condamné à douze ans de prison en première instance.
La cour d’Alger rendra son verdict le 3 novembre prochain dans l’affaire Ali Haddad, mais elle se penchera cependant aujourd’hui sur le dossier de Mahieddine Tahkout. L’homme d’affaires sera jugé en appel après avoir été condamné à 16 ans de prison par le tribunal de Sidi-M’hamed.
Hier, tout laissait penser que le procès ne connaîtrait pas un nouveau renvoi du moment que deux reports avaient déjà été prononcés par le tribunal.
L’ancien responsable de Cima Motors ne sera cependant pas présent à la cour d’Alger, il sera jugé à distance, à partir de la prison de Babar, à Khenchela, où il a été transféré en août dernier. Il en sera de même pour l’ancien chef de gouvernement Ahmed Ouyahia, transféré à la même époque à la prison de Abadla à Béchar.
Durant le procès, en première instance, de Mahieddine Tahkout, l’ancien directeur de l’Etusa avait révélé que le choix des bus de l’homme d’affaires s’était fait à la demande de Abdelkader Zoukh et que le montant du marché s’élevait à deux milliards de DA.
Dans son réquisitoire, le ministère public avait tenu à indiquer que le dossier dans lequel sont contenues les accusations contre Zoukh avait été transmis au tribunal de Tipasa et que c’est à cette dernière instance de juger l’affaire de l’ancien wali d’Alger pour des raisons de compétence territoriale.
A. C.