Le HCI condamne une campagne «enragée» contre l’islam et son Prophète

Dans un message publié sur la page Facebook de la Présidence

Iddir Nadir, El Watan, 28 octobre 2020

Le Haut conseil islamique (HCI), instance officielle rattachée à la présidence de la République, a condamné «énergiquement» la campagne «enragée» menée contre l’islam et le Prophète Mohamed (QSSSL). Sans citer nommément le président français, Emmanuel Macron, l’instance présidée par Bouabdallah Ghoulamallah, regrette que cette campagne émane d’«un responsable qui se targue d’être le protecteur des valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité».

La publication des caricatures sur le Prophète Mohamed (QSSSL) en France et les déclarations du président français, Emmanuel Macron, ont suscité une vague d’indignation dans le monde musulman.

En Algérie, c’est le Haut conseil islamique (HCI), instance officielle rattachée à la présidence de la République, qui a condamné «énergiquement» la campagne «enragée» menée contre l’islam et le Prophète Mohamed (QSSSL).

«Le HCI condamne énergiquement cette campagne enragée contre la meilleure et la plus noble des créatures, le Prophète Mohamed (QSSSL), symbole de la tolérance et de la coexistence, mais aussi contre l’islam, religion de paix épousée par des centaines de millions de personnes dans les quatre coins du monde», indique le communiqué, publié lundi, sur la page Facebook officielle de la présidence de la République et rapporté par l’APS.

Sans citer nommément le président français, l’instance présidée par Bouabdallah Ghoulamallah, regrette que cette campagne émane d’«un responsable qui se targue d’être le protecteur des valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité».

Le HCI appelle à «contrer ce discours radical et inhumain» et à «faire prévaloir la raison qui prône le respect des symboles religieux communs et le bannissement de la haine et du racisme».

«L’opinion, quelle qu’elle soit, ne saurait être libre dans tous les cas, encore moins lorsqu’elle est exprimée à des fins immorales et attentatoires à la dignité humaine», relève le HCI, fustigeant «l’émergence d’une catégorie de pervers n’ayant aucun égard aux valeurs humaines, des dépravés enclins au mal qui prétendent s’exprimer au nom de la liberté d’expression en portant atteinte à l’islam et à son Prophète et en parodiant les symboles religieux dont le respect et l’intangibilité sont pourtant consacrés par les lois internationales».

«Il n’y a pas d’islamophobie d’état »

Les propos du chef d’Etat français ont été critiqués dans les pays arabo-musulmans, qui dénoncent une attaque «abjecte» contre l’islam et son Prophète et la «stigmatisation» de la communauté musulmane en France.

Des responsables politiques, à leur tête le président turc, Recep Tayib Erdogan, et des instances religieuses, comme Al Azhar, ont dénoncé l’«atteinte» au Prophète de l’islam.

Des appels au boycott des produits français s’étaient multipliés. L’attentat contre deux journalistes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo et l’assassinat d’un enseignant d’histoire-géographie, Samuel Paty, ont provoqué des réactions en France.

Le président français, Emmanuel Macron, a promis d’intensifier les actions de son gouvernement contre l’islam radical. Dans un discours prononcé le 2 octobre, Macron a dénoncé ce qu’il a qualifié de «séparatisme islamique». «L’islam est une religion qui vit une crise partout dans le monde», a-t-il asséné.

Il montrera du doigt son discours sur les «interventions extérieures», et les organisations qui «se sont radicalisées». Macron reviendra à la charge après la mort tragique de l’enseignant et les réactions suscitées par ses déclarations en défendant la liberté de publication de caricatures religieuses.

Voulant contrer le discours visant l’Etat français, une source diplomatique française signale que dans ce pays, «il n’y a pas d’islamophobie d’Etat». «L’Etat français n’est pas contre le droit des musulmans de France d’exercer leur culte. Macron n’a pas de raison d’en vouloir à l’islam.

La décapitation d’un enseignant a été le comble de l’horreur. Un enseignant a une symbolique très forte dans notre République. En France, la liberté d’expression est une ligne rouge. La justice est là pour celui qui se sent offensé», dira en substance cette source requérant l’anonymat.