Il soupçonne des luttes d’appareils: Le RCD accuse le pouvoir de “s’acheter une nouvelle clientèle”

Liberté, 24 octobre 2020

À l’issue de la réunion de son secrétariat national, tenue vendredi à Alger, le RCD dresse un sombre tableau de la situation politique dans le pays et appelle à une “mobilisation pacifique” pour “l’avènement d’une autre alternative”.

Pour décrire la situation actuelle dans le pays, le Rassemblement pour la culture et la démocratie a fait le parallèle entre ce qui se fait actuellement et la période durant laquelle Abdelaziz Bouteflika était au pouvoir.

Le RCD constate “avec regret que les dérives ayant marqué l’ère du président déchu sont reconduites d’une manière plus ostentatoire encore, dans une situation de fragilité du tissu social, de panne financière, de régression économique et d’incertitudes aux plans régional et international”, note ainsi le communiqué de la direction du RCD rendu public hier.

Pour arriver à leurs fins, les autorités s’adonnent à une “instrumentalisation sans précédent de l’appareil sécuritaire, administratif et judiciaire pour le compte de l’option autoritariste choisie par l’armée”, commente le communiqué du RCD.

Les signes de ce comportement sont visibles dans “la brutalité et la stigmatisation à l’endroit de militants et de patriotes” qui “sont érigées en règle pour tenter d’asseoir un pouvoir en tout point de vue illégitime, voire antinational”. Le parti accuse le pouvoir d’utiliser l’argent et la fiscalité pétrolière pour “se payer une nouvelle clientèle”.

Par le biais de la fiscalité pétrolière, le pouvoir cherche à “réorganiser une clientèle moulée dans les arcanes des prébendes, de la corruption et de l’obéissance servile”, fulmine le communiqué du RCD. Outre la répression, le parti de Mohcine Belabbas révèle que le pouvoir est confronté à des luttes internes.

La preuve est donnée, selon le communiqué du parti, par la campagne que mène le chef d’état-major de l’ANP en faveur du projet de la révision constitutionnelle. Ainsi, le parti relève que “le chef d’état-major de l’ANP”, “d’habitude discret”, médiatise “les visites du chef de l’État au siège du MDN et s’implique plus que les membres de l’Exécutif dans la promotion de la révision de la Constitution”.

“Aucun acteur de la scène politique nationale ne peut manquer de s’interroger sur une telle attitude”, ajoute le communiqué qui précise que cette situation implique deux conclusions : “Certains penchent sur l’incapacité de Tebboune à faire cesser les querelles de chapelle dans le système et à entraîner derrière lui les centres du régime, d’autres estiment que la nouvelle doctrine interventionniste imprimée à l’armée dans le texte de cette révision de la Constitution rencontre des résistances sérieuses dans le sérail.”

Tout en dénonçant “la cabale orchestrée” contre son président et les attaques “répétées” contre le parti, le RCD estime que ces faits “ne sont pas de nature à nous faire dévier de ces objectifs que nous défendons publiquement, en particulier, dans le Pacte de l’alternative démocratique (PAD)”.

Il appelle “l’ensemble des patriotes à agir pacifiquement pour l’avènement d’une autre alternative conforme aux sacrifices et aux aspirations du peuple algérien pour vivre dans un pays de libertés, de démocratie et de solidarité”.

 

Ali BOUKHLEF