Le point sur les procès de hirakistes : Reports, condamnations et relaxes

Mustapha Benfodil, El Watan, 24 octobre 2020

Les procès de plusieurs activistes et militants du hirak se sont tenus ces derniers jours. Mercredi passé, le verdict a été rendu par le tribunal de Sidi M’hamed dans l’affaire de 18 manifestants arrêtés le 5 octobre à Alger.

Huit parmi eux, qui avaient été placés en détention préventive à la prison d’El Harrach, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Ils ont ainsi pu retrouver leurs familles et leurs proches le jour même. Ils étaient poursuivis pour «attroupement non armé» et «incitation à attroupement».

Le militant Mohamed Amine Belmokhtar, embarqué lui aussi le 5 octobre, s’est vu, quant à lui, condamné à un an de prison, dont six mois ferme. Il est poursuivi pour «atteinte à la personne du président de la République». Par ailleurs, pour 9 autres prévenus, toujours parmi ceux qui étaient arrêtés le 5 octobre, et qui ont comparu libres, la magistrate a prononcé la relaxe.

L’acquittement a été également prononcé à l’endroit de Slimane Hamitouche, Fouad Bachene et Noureddine Khimoud, qui ont comparu ce 21 octobre devant le tribunal de Baïnem, rapporte le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Au même moment, à Bouira, étaient jugés 6 manifestants qui avaient été arrêtés à M’chedallah début octobre, dont deux avaient été placés sous mandat de dépôt, rapporte le CNLD. Les 6 manifestants ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

Pour la journée du jeudi 22 octobre, au tribunal de Sidi M’hamed, devait se tenir le procès de Hakim Addad, Djalal Mokrani, Ould Ouali Nassim, Massinissa Aissous et Hmimi Bouider. Le procès «est renvoyé à l’audience du 26 novembre prochain», indique le CNLD. Les 5 militants avaient été arrêtés le 4 octobre 2019 à Alger et ont été remis en liberté le 2 janvier 2020 après trois mois de détention provisoire.

A la cour d’Alger cette fois a eu lieu le procès en appel des ex-détenus du hirak Akli Okbi, Hamza Karoun, Kamel Lekehal, Ali Ider et Mohand Boudjemil. Les 5 hirakistes ont été relaxés. «Pour rappel, ils ont été arrêtés le vendredi 21 juin 2019 et relaxés le 13 novembre 2019 par le tribunal de Bab El Oued (Bainem) après cinq mois de détention provisoire», relève le CNLD.

Ce jeudi s’est tenu, en outre, le procès en appel de l’activiste Mourad Amiri. «Le parquet a demandé l’aggravation de la peine de condamnation prononcée en première instance», nous apprend le CNLD. Le Comité souligne que M. Amiri «a été condamné à 6 mois de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger» en précisant que le procès l’oppose à Salah-Eddine Dahmoune, «quand il était SG du ministère de l’Intérieur». Le verdict de la cour d’Alger sera rendu le 19 novembre prochain.

Dans une lettre ouverte adressée au président Tebboune, parue ce jeudi sur les colonnes du quotidien Liberté, l’écrivain Kamel Daoud a plaidé pour la libération de tous les détenus politiques.

Sous le titre : «Monsieur le président, libérez-les, libérez-nous, libérez-vous», l’auteur de Meursault, contre-enquête écrit : «Aujourd’hui, Monsieur le Président, je viens à vous pour vous demander de gracier ceux qui sont en prison pour leurs opinions, leurs excès, leurs espoirs, leur foi, leur croyance ou leurs erreurs.

Non parce que je pense qu’ils ont droit à une immunité, mais parce que je crois que vous avez le droit – peut-être même le devoir – de vous consacrer à apaiser ce pays, à guérir l’image qu’il se fait de lui-même et à éviter à notre pays des combats inutiles et des victoires illusoires.»

Kamel Daoud conclut son plaidoyer par ces mots : «Je vous demande de gracier, à l’occasion du 1er Novembre, Yacine Mebarki, Khaled Drareni, Rachid Nekkaz et d’autres encore : citoyens, étudiants, militants,… des enfants de l’Algérie, porteurs, chacun à sa façon, d’un rêve, différemment décliné. Celui qui, un jour, nous fera nous accepter les uns les autres. Avec toute ma considération.»