Report du procès en appel de l’affaire Tahkout

L’ancien patron de cima motors est poursuivi pour corruption

Salima Tlemcani, El Watan, 22 octobre 2020

La chambre pénale près la cour d’Alger a renvoyé, hier, le procès en appel de Mahieddine Tahkout, patron du groupe Cima Motors, et ceux de près d’une soixantaine de prévenus, dont de nombreux ex-ministres et des fonctionnaires de l’Etat, au 28 du mois courant. La décision a été prise à la demande d’un des avocats de l’homme d’affaires nouvellement constitué.

Condamné à 16 ans de prison ferme, une amende de 8 millions de dinars et la confiscation de ses biens et ceux de ses 32 sociétés, sommées de payer au Trésor public la somme de 32 millions de dinars, l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, patron du groupe Cima Motors, est apparu hier, sur l’écran de télévision, installé à la chambre pénale près la cour d’Alger et relié à la prison de Babar, à Khenchela, où il est détenu, mais aussi à celle d’Abadla, à Béchar, d’où devait intervenir Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre dans le cadre du procès en appel lié aux «indus avantages» octroyés dans le cadre de l’industrie du montage automobile.

C’est en fin de matinée, que les autres prévenus, Abdelmalek Sellal, ex-Premier ministre, Billel, fils de Tahkout, ses deux frères, Rachid et Hamid, les anciens ministres des Transports, Amar Ghoul et Abdelghani Zaalane, et de l’Industrie, Youcef Yousfi et Abdessalem Bouchouareb (en fuite à l’étranger), les ex-directeurs généraux de l’Etusa (Entreprise nationale du transport urbain et suburbain), de l’Onou (Office national des œuvres universitaires), de nombreux directeurs des résidences universitaires, des directeurs des Domaines, des cadres de l’industrie et de l’opérateur de téléphonie, Mobilis, ont fait leur apparition, certains au box et d’autres dans la salle d’audience.

Après l’appel de ces dernier et des témoins, l’un des avocats de Tahkout, du barreau de Khenchela, a demandé un délai de deux semaines, pour «me permettre de prendre connaissance du dossier ; je viens d’être constitué et je n’ai aucune idée ni des faits, ni des documents liés à l’affaire».

Le magistrat a accepté, mais pour un ajournement d’une semaine, c’est-à-dire au 28 octobre prochain. «Je préfère renvoyer le dossier au 28 du mois en cours. C’est un délai suffisant. La défense peut faire ses demandes et on pourra par la suite poursuivre les auditions après les fêtes d’El Mawlid Ennabaoui et du 1er Novembre», explique le président.

Sur l’écran, Tahkout demande la parole. «Je demande un renvoi du procès», lance-t-il au juge, qui lui fait savoir que sa demande a été prise en charge par sa défense. Quelques minutes après, le magistrat décide d’ajourner le procès en appel au 28 octobre courant.
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Il est à rappeler que cette affaire est revenue à la cour, après l’appel introduit aussi bien par le parquet que par la défense, contre le verdict rendu le 15 juillet dernier par le tribunal de Sidi M’hamed. Ce dernier avait infligé à Mahieddine Tahkout une peine de 16 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars, une interdiction des marchés publics, durant une période de 5 ans et la confiscation de tous ses biens.

Chacune de ses nombreuses sociétés est interdite des marchés publics durant 5 ans, et doit payer le montant de 32 millions de dinars comme «dommages et intérêts».

Une peine de 6 ans de prison ferme a été retenue contre son fils Bilel, une autre de 7 ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars contre ses deux frères, Rachid et Hamid, et une autre de 3 ans contre son frère Nacer.

Les deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont pour leur part écopé d’une peine de 10 ans de prison ferme, alors que Abdesselam Bouchouareb, ex-ministre de l’Industrie, en fuite, a été condamné à 20 ans de prison,et un mandat d’arrêt international a été émis.

Le tribunal a infligé une peine de 2 ans de prison à l’ex-ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, 3 ans de prison ferme à l’ex-ministre des Transports, Amar Ghoul, de 3 ans de prison ferme et 2 ans de prison à Fawzi Benhassine, ex-wali de Skikda, alors que Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Transports et ancien wali d’Oran, a bénéficié d’une relaxe.

Le juge prononce, par ailleurs des peines de 2 ans ferme contre l’ex-directeur général de l’Etusa, Abdelkader Belmiloud, d’un an avec sursis contre son successeur à ce poste, Farouk Boudraa et de 2 ans contre Amine Tira, ex-membre du comité d’évaluation technique au ministère de l’Industrie.

Par contre, 35 prévenus, sur un total de 66, ont bénéficié de la relaxe. Il a également été retenu le paiement solidaire par tous les prévenus condamnés d’une somme de 309 milliards de dinars.