En prison depuis 11 mois pour une publication sur Facebook : Dix ONG réclament la libération de Abdallah Benaoum

Madjid Makedhi, El Watan, 21 octobre 2020

Amnesty International et neuf autres ONG de défense des droits de l’homme exigent la libération «immédiatement et sans condition» du militant Abdallah Benaoum.

En détention depuis 11 mois pour une publication sur le réseau social Facebook, ce dernier souffre d’artériosclérose qui nécessite une prise en charge médicale sérieuse. «Les autorités algériennes ont multiplié les détentions et les poursuites arbitraires contre des militants et des journalistes dans le contexte de la pandémie de Covid-19, rejetant tout récemment les demandes de libération provisoire et de soins médicaux adaptés déposées au nom du militant algérien Abdallah Benaoum, incarcéré uniquement pour avoir exprimé des opinions critiques quant à la répression menée par le pouvoir contre le mouvement hirak», rappellent les dix ONG dans un communiqué rendu public, hier.

Faisant un rappel des cas malheureux de décès en détention du militant Kamel Eddine Fekhar et du journaliste Mohamed Tamalt, les organisations signataires précisent que Abdallah Benaoum a besoin «de toute urgence d’être opéré du cœur, dont il est privé du fait de son maintien en détention illégale et du refus des autorités de lui prodiguer l’accès aux soins médicaux dont il a besoin».
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Outre Amnesty International, l’article 19, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Riposte Internationale figurent parmi les signataires de cet appel. «A l’approche de son procès prévu le 27 octobre, les avocats et la famille de Benaoum craignent pour sa vie», lit-on dans ce communiqué.

Afin d’éviter qu’Abdallah Benaoum ne subisse le même sort que Fekhar et Tamalt, les organisations signataires «demandent à l’Algérie de respecter ses engagements découlant du droit international relatif aux droits humains, de libérer Abdallah Benaoum immédiatement et sans condition, et de lui permettre de se faire opérer du cœur, dans le respect de ses souhaits».

Revenant sur les faits pour lesquels est poursuivi le concerné, en vertu des articles 146, 79, 97, 75, 147 et 100 du code pénal, les ONG affirment «qu’aucun des chefs d’accusation ne constitue une infraction légitime au titre du droit international relatif aux droits humains, car ils imposent des restrictions injustifiées au droit à la liberté d’expression». «Le dossier indique que le procureur a présenté à titre de preuves des vidéos et des publications trouvées sur le compte personnel Facebook d’Abdallah Benaoum, dans lesquelles il appelait à boycotter l’élection présidentielle, en écrivant ‘‘Non aux élections militaires’’ et ‘‘les étudiants du hirak victimes de répression’’.

Dans ses posts, il critiquait également la peine légère prononcée contre un policier pour le meurtre d’un jeune homme à Oued Rhiou. Le procureur a présenté ces éléments comme la preuve qu’Abdallah Benaoum incitait à la désobéissance et portait atteinte à la sûreté de l’Etat», rappellent encore les ONG signataires.